Détecter le plagiat et les textes écrits par l’IA : 10 outils en ligne pour les enseignants

Dernière mise à jour le 18 octobre 2026

Dimanche soir, pile de copies. Au milieu d’une dissertation de seconde plutôt laborieuse, un paragraphe détonne : syntaxe impeccable, « il convient de souligner », trois arguments parfaitement alignés. Vous avez un doute. Wikipédia, un corrigé trouvé en ligne, ou ChatGPT ? Et surtout, comment vérifier rapidement sans y passer la soirée ?

Il existe pour cela des outils pour détecter le plagiat et, depuis 2023, pour repérer les textes générés par l’intelligence artificielle. Cet article, publié en 2021, a été entièrement revu en octobre 2026 : une bonne partie de la liste d’origine a disparu ou ne mérite plus d’être recommandée, et de nouveaux outils sont arrivés. Voici les dix qui restent valables pour les enseignants, du collège à l’université, avec ce qu’ils coûtent vraiment et ce qu’ils ne savent pas faire.

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Avant de coller une copie dans un détecteur : quatre réflexes

Quelques précautions d’abord, parce que tous ces outils ont leurs angles morts.

  • Un score n’est pas une preuve. Un pourcentage de similitude signale des passages à regarder. Il ne fait pas la différence entre un copier-coller et une citation correctement entre guillemets. Pour l’IA, c’est encore plus fragile (j’y reviens plus bas).
  • Pensez aux données de vos élèves. Une copie contient un nom, parfois des éléments personnels. Retirez au minimum le nom avant de déposer un texte en ligne, et méfiez-vous des sites qui ne disent pas clairement ce qu’ils font des documents.
  • Regardez qui est derrière l’outil. Beaucoup de détecteurs gratuits appartiennent à des boîtes à outils SEO qui vendent aussi des paraphraseurs, des « humanizers » censés rendre un texte d’IA indétectable, voire des rédacteurs de dissertations.
  • Vérifiez ce que votre établissement propose déjà. Beaucoup d’universités, et certains lycées, sont abonnés à Compilatio ou à Turnitin. C’est alors la solution la plus sûre pour les données.

Repérer un copier-coller : les détecteurs de plagiat en ligne

Ces logiciels anti-plagiat comparent le texte de l’élève à ce qui existe sur le web. Redoutables pour un copier-coller depuis Wikipédia ou un site de corrigés. Beaucoup moins pour une reformulation habile.

Plagiarisma : gratuit, sans compte, dans presque toutes les langues

Il était déjà dans la version de 2021 et il n’a pas bougé sur l’essentiel. Plagiarisma accepte un texte collé, une adresse web ou un fichier (PDF, DOCX, ODT, EPUB et bien d’autres), sans inscription pour les vérifications standard. Il annonce plus de 190 langues, ce qui en fait un allié pour les professeurs de langues vivantes. Vous pouvez même choisir le moteur utilisé pour la comparaison, Google ou DuckDuckGo.

Pour un usage en établissement, il existe un plugin Moodle et un module Google Workspace. Petit bémol : le même site propose un « essay writer » et un accès à ChatGPT. Pas rédhibitoire, mais ça dit quelque chose du modèle économique.

Quetext : plagiat et IA dans la même analyse

Quetext reste l’un des plus agréables pour lire un résultat. Les passages copiés sont surlignés, chaque correspondance renvoie vers sa source. La version gratuite permet désormais d’analyser 1 000 mots en plagiat et 1 000 mots en détection d’IA (l’ancienne version de cet article parlait de 2 500 mots, ce n’est plus vrai). Il faut créer un compte.

Au-delà, l’abonnement Essential démarre à 14,99 dollars par mois. Et comme beaucoup d’autres, Quetext vend aussi un « AI Humanizer ». Le même éditeur vous aide donc à repérer un texte d’IA et à le maquiller. Tout le marché est un peu comme ça.

Duplichecker : pour dépanner, avec une réserve

Duplichecker fonctionne sans inscription. Vous collez jusqu’à 10 000 caractères ou vous déposez un fichier .docx, .txt ou .pdf, et vous obtenez un pourcentage de contenu unique avec les sources trouvées. Un onglet propose aussi une détection d’IA. Pour vérifier un paragraphe suspect, ça suffit.

Ce que j’aime moins : la page déborde de publicités, les offres payantes surgissent à chaque clic, et un bouton « Remove plagiarism » propose de réécrire automatiquement les passages repérés. Il reste dans la liste parce qu’il dépanne. Pour le conseiller à des élèves, en revanche, je passerais mon chemin.

Copyscape : savoir si un texte circule déjà sur le web

Copyscape est un vétéran. Sa recherche gratuite part d’une adresse web : pratique pour savoir si les exposés publiés sur le blog de la classe ont été recopiés ailleurs. Pour coller du texte ou déposer un fichier Word ou PDF, il faut passer à Copyscape Premium, facturé à la recherche : 3 centimes de dollar jusqu’à 200 mots, puis 1 centime par tranche de 100 mots. Peu cher, mais compte et achat de crédits obligatoires.

Un texte écrit par ChatGPT ? Les détecteurs d’IA qui fonctionnent en français

Ici, pas de comparaison avec une base de textes. Ces outils analysent le style (régularité des phrases, vocabulaire prévisible) et estiment une probabilité. Même les meilleurs se trompent. Scribbr, qui édite l’un d’eux, a mené sa propre étude sur des textes en anglais : le meilleur outil payant atteignait 84 % de précision, le meilleur gratuit 68 %. J’avais aussi présenté ZeroGPT sur le blog en 2023, si vous cherchez un premier filtre de plus.

GPTZero : le pionnier, avec un vrai plan gratuit

GPTZero a été lancé début 2023 par Edward Tian, alors étudiant à Princeton. La première version de cet article le présentait comme sud-africain : c’était faux, je corrige au passage. Je l’avais détaillé sur Les Outils IA. Depuis, GPTZero a beaucoup grandi : analyse phrase par phrase, extension Chrome, vérification du plagiat dans les formules payantes.

Le plan gratuit donne droit à 10 000 mots par mois, de quoi passer une petite série de copies. Le français est pris en charge depuis une mise à jour multilingue, et l’éditeur annonce moins de 1 % de faux positifs sur le français dans ses propres tests. Honnêtement, je ne suis pas certain que le français soit pleinement couvert dans le plan gratuit : certaines sources le réservent aux formules payantes, qui démarrent autour de 10 euros par mois.

Pangram : le détecteur dont tout le monde parle

Pangram, c’est le nom qui revient partout depuis l’été. La start-up a levé 9 millions de dollars, et Substack l’utilise depuis juillet 2026 pour signaler les contenus générés par IA. Son site met en avant des évaluations de chercheurs des universités du Maryland et de Chicago, qui le classent parmi les détecteurs les plus fiables. Il fonctionne en 20 langues, dont le français, et repère aussi les passages simplement retouchés par une IA.

Pour tester, la version gratuite autorise jusqu’à 4 vérifications par jour. L’offre individuelle coûte 20 dollars par mois et ajoute une détection de similitudes. Les textes analysés restent stockés tant que le compte est actif, mais vous pouvez les supprimer de l’historique, et Pangram affirme ne pas s’en servir pour entraîner ses modèles.

Cela dit, même Pangram se trompe. L’essayiste américain Freddie deBoer a vu un extrait d’un de ses anciens billets classé à 100 % comme généré par IA. Si l’outil le plus réputé du moment peut se tromper sur un auteur aguerri, imaginez la prudence nécessaire face à la copie d’un élève de quatrième.

Scribbr : le plus simple pour un élève qui veut se vérifier

Le détecteur d’IA de Scribbr est gratuit, sans limite de nombre d’analyses, et prend en charge le français, l’anglais, l’espagnol et l’allemand. Seule contrainte : 1 200 mots par analyse, en collant le texte. Le plagiat n’est pas inclus : la vérification anti-plagiat de Scribbr est payante, à partir de 14,95 euros. Pour un lycéen qui veut vérifier son dossier avant de le rendre, c’est une bonne porte d’entrée.

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Lucide.ai : un détecteur entraîné sur des textes en français

Lucide.ai joue la carte francophone. Son modèle est entraîné sur des centaines de milliers de textes en français, et il ne fonctionne d’ailleurs qu’en français. Il surligne les passages suspects page par page, et les académies de Versailles et de Bordeaux figurent parmi ses références affichées.

Mais il n’existe pas d’essai gratuit, et franchement, c’est un manque pour se faire une idée. Il faut compter 19 euros pour un pass de 30 jours sans abonnement. La formule Découverte (dès 10 euros par mois) se limite à la détection d’IA sur 1 500 mots par analyse ; le plagiat n’arrive qu’avec l’offre Essentiel, à 30 euros par mois. Quant au comparatif affiché sur son site, où Lucide obtient 100 % presque partout, c’est son propre test.

Compilatio et Turnitin : regardez d’abord ce que votre établissement propose

Ce sont les deux références du monde académique. Un enseignant ne peut pas s’y abonner seul, mais il y a de bonnes chances que votre université ou votre établissement le soit déjà. Posez la question à votre référent numérique ou regardez dans votre ENT ou votre Moodle.

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Compilatio, la solution française

Né en 2005 en Haute-Savoie, à la demande d’enseignants, Compilatio équipe de nombreuses universités francophones. Magister, la version pour les enseignants, se négocie au niveau de l’établissement, sur devis. Plagiat et IA sont analysés dans un même rapport, et les données sont hébergées en Europe, dans le cadre du RGPD.

Pour les élèves et étudiants, Compilatio Studium permet de vérifier son propre travail. Le compte est gratuit avec une première analyse partielle (les trois principales sources), puis les crédits vont de 4,99 euros pour 5 000 mots à 34,99 euros pour 100 000 mots. Bon point : les documents analysés dans Studium restent invisibles pour les enseignants, même ceux qui utilisent Magister. Un étudiant peut donc vérifier son mémoire sans craindre que ses brouillons remontent jusqu’au jury.

Turnitin, la référence mondiale

Turnitin revendique plus de 16 000 établissements clients. Sa force : en plus du web et des publications, sa base de comparaison contient les travaux d’étudiants déjà déposés. Il est vendu uniquement aux établissements, sans tarif public.

Le point qui compte ici : d’après sa documentation, la détection d’IA de Turnitin ne fonctionne qu’en anglais, en espagnol et en japonais. Une copie en français n’aura donc droit qu’au rapport de similitude classique. L’éditeur le précise lui-même : son indicateur d’IA sert à ouvrir la discussion avec l’élève, pas à trancher.

Les outils que j’ai retirés de cette liste (et pourquoi)

En reprenant la liste de 2021 outil par outil, j’ai eu une mauvaise surprise avec Viper (ScanMyEssay), que je recommandais. Sur sa page d’accueil, l’éditeur explique tranquillement qu’il s’en sert pour vérifier le travail de ses propres rédacteurs de dissertations, avec un lien vers un service de mémoires rédigés sur commande. Un détecteur anti-triche édité par un vendeur de devoirs tout faits. Les documents analysés sont en plus conservés par défaut dans sa base, et l’ancienne version publiait même certains essais vérifiés gratuitement sur des sites affiliés. Il sort de la liste.

Les autres départs sont moins spectaculaires :

  • PlagSpotter sert surtout à surveiller la copie d’un site web, et sa page affiche une publicité pour un service de rédaction de devoirs ;
  • PlagTracker semble à l’abandon, je n’ai pas pu vérifier qu’il fonctionne encore ;
  • PlagiarismChecker.co limite la version gratuite à 800 mots, bloque les bloqueurs de publicité et affiche lui-même une note de 1,85 sur 5 ;
  • Search Engine Reports et PrepostSeo sont deux boîtes à outils SEO quasi jumelles, limitées à 1 000 mots et truffées de publicités et d’outils de réécriture.

copie et plagiat

Ce que ces détecteurs ne savent pas faire

Ils ne voient pas la copie du voisin. Un détecteur en ligne compare le texte au web : si deux élèves ont rendu le même devoir, il n’en saura rien. Pour ça, un comparateur comme Diffchecker fait très bien l’affaire. Vous collez les deux copies côte à côte et les passages identiques sautent aux yeux.

Ils ne prouvent rien sur l’IA. Ces erreurs ne tombent d’ailleurs pas au hasard : une étude de l’université Stanford publiée en 2023 a montré que plusieurs détecteurs classaient comme « écrites par une IA » une majorité de rédactions rédigées en anglais par des non-natifs. Un élève allophone qui écrit avec des phrases simples et un vocabulaire limité risque davantage d’être signalé à tort. Même chose pour un élève dys qui s’appuie, à juste titre, sur un correcteur ou un outil de reformulation.

Au fond, le détecteur pose une question, il n’y répond pas. Demander à l’élève d’expliquer un passage, de montrer ses brouillons ou l’historique de son document lève souvent le doute, dans un sens comme dans l’autre.

Quel outil anti-plagiat choisir selon votre besoin ?

Besoin Outil recommandé Pourquoi
Vérifier vite un paragraphe suspect, gratuitement Plagiarisma Sans compte, fichiers acceptés, très multilingue
Plagiat et IA sur un texte court Quetext 1 000 mots gratuits pour chaque analyse, sources surlignées
Savoir si un texte publié en ligne a été recopié Copyscape Recherche gratuite à partir d’une adresse web
Repérer un texte d’IA sans payer GPTZero ou Scribbr 10 000 mots par mois ou 1 200 mots par analyse
La détection d’IA la plus poussée Pangram Très bien évalué, 20 langues, 4 essais gratuits par jour
Un détecteur pensé pour le français Lucide.ai Entraîné sur des textes francophones, payant
Laisser un étudiant vérifier son mémoire Compilatio Studium Analyse confidentielle, premier essai gratuit
Analyser les copies de toute une promotion Compilatio Magister ou Turnitin Via l’établissement, cadre contractuel et RGPD
Comparer deux copies d’élèves Diffchecker Les détecteurs en ligne ne le font pas

En refaisant cette liste, ce qui m’a le plus frappé, c’est que la question a changé de nature. En 2021, on traquait le copier-coller depuis Wikipédia. Aujourd’hui, la plupart des textes douteux n’existent nulle part ailleurs puisqu’ils ont été générés pour l’occasion, et aucun détecteur ne remplacera une consigne qui oblige l’élève à montrer son raisonnement. Gardez Plagiarisma sous le coude pour les vérifications rapides, testez Pangram ou GPTZero si l’IA vous préoccupe, et commencez par demander à votre établissement ce qui est déjà disponible.

Questions fréquentes sur la détection du plagiat et de l’IA

Existe-t-il un logiciel anti-plagiat vraiment gratuit ?

Oui, pour des vérifications ponctuelles. Plagiarisma et Duplichecker fonctionnent sans compte, Quetext offre 1 000 mots avec un compte gratuit. Pour analyser régulièrement de longs dossiers, les versions gratuites montrent vite leurs limites.

Peut-on prouver qu’un élève a utilisé ChatGPT ?

Non. Un détecteur d’IA donne une probabilité, pas une preuve, et tous produisent des faux positifs. Le résultat peut justifier une discussion avec l’élève, jamais une sanction à lui seul.

Ces détecteurs fonctionnent-ils en français ?

Les détecteurs de plagiat, oui, puisqu’ils comparent des textes entre eux. Pour l’IA, c’est variable : GPTZero, Pangram, Scribbr, Lucide.ai et Compilatio prennent en charge le français. La détection d’IA de Turnitin, non.

Puis-je déposer les copies de mes élèves sur ces sites ?

Avec prudence. Retirez au moins le nom de l’élève, lisez ce que le service fait des documents, et privilégiez la solution de votre établissement quand elle existe : elle est encadrée par un contrat et par le RGPD.

Quelle différence entre un détecteur de plagiat et un détecteur d’IA ?

Le premier compare le texte à des sources existantes et montre d’où vient chaque passage copié. Le second analyse le style pour estimer si une IA a écrit le texte, sans source à l’appui. Les deux se complètent, et plusieurs outils comme Quetext, Compilatio ou Pangram combinent désormais les deux.

6 Responses

  1. Perrat Pascal dit :

    Bonjour et merci pour ces informations toujours bien choisies. JE ME SUIS PERMIS DE METTRE UN LIEN SUR MON BLOG RELIANT À VOTRE ARTICLE SUR LE PLAGIAT : LES OUTILS. SI VOUS N’ÊTES PAS D’ACCORD AVEC MON ACTION DITES-LE-MOI JE SUPPRIMERAI IMMÉDIATEMENT CE RELAIS. BIEN CORDIALEMENT PASCAL

  1. mars 21, 2022

    […] aussi pour des fichiers, des images ou encore des dossiers sur votre ordinateur. Alors que certains outils pour détecter les plagiats chassent les ressemblances, Diffchecker lui fait exactement […]

  2. novembre 28, 2022

    […] >> Pour une liste plus complète des outils permettant de détecter des plagiats rendez-vous sur cet au…. […]

  3. janvier 15, 2023

    […] artificielle commencent d’apparaitre sur le marché. À l’instar des outils anti-plagiat, ils permettront d’installer quelques gardes fous et d’inciter à un usage éthique et […]

  4. octobre 5, 2023

    […] faut ainsi ajouter aux outils anti plagiat classiques, de nouveaux outils axés sur l’iA. Ils doivent être capables de détecter […]