Dernière mise à jour le 30 septembre 2026
Vous avez repéré une plage de deux ou trois heures dans votre emploi du temps de printemps et l’envie de faire coder vos élèves pour de vrai, pas juste avec un exercice fermé sur un cahier ? C’est exactement le créneau que vise la Nuit du Code 2027, le marathon de programmation qui réunit chaque année des dizaines de milliers d’élèves francophones autour d’un seul défi : fabriquer un jeu vidéo en une poignée d’heures.
La 11ᵉ édition, celle de l’année scolaire 2026-2027, vient d’ouvrir ses inscriptions.

Table des matières
C’est quoi la Nuit du Code, concrètement ?
Le principe tient en une phrase : des équipes de deux ou trois élèves ont six heures (moins pour les plus jeunes) pour concevoir et coder un jeu vidéo complet, à partir d’un univers de jeu fourni le jour même. Pas de note à réviser, pas de programme à boucler, juste un défi créatif, avec des décors, des personnages et une musique déjà prêts, et l’obligation de se débrouiller en équipe pour que tout ça devienne jouable avant la fin du chrono.
L’événement est ouvert à tous les établissements scolaires français, en France comme à l’étranger, ainsi qu’aux établissements francophones du monde entier. Aucune limite sur le nombre d’élèves inscrits, et l’inscription est gratuite. Il est porté depuis sa création par le Lycée Français International de Tokyo, avec le soutien d’enseignants d’informatique bénévoles.
Ce que ça travaille vraiment en classe, au-delà du jeu vidéo
On pourrait s’arrêter à l’image sympa d’élèves qui fabriquent un jeu, mais ce qui se joue derrière est plus concret pour un enseignant. En manipulant boucles, variables et conditions dans Scratch ou en Python, les élèves touchent à l’algorithmique sans s’en rendre compte, exactement ce que visent les compétences numériques du socle commun et, plus tard, les items de la certification Pix.
Le débogage fait aussi partie du jeu : quand le personnage traverse les murs au lieu de s’arrêter, il faut chercher pourquoi, tester, recommencer. C’est une forme d’erreur beaucoup plus formatrice qu’une faute soulignée en rouge sur une copie.
Et puis il y a le travail d’équipe, qui n’est pas qu’un argument marketing ici : à deux ou trois sous pression de temps, il faut vite se répartir les rôles, l’un sur les déplacements du personnage, l’autre sur les points ou les obstacles, sous peine de ne rien finir. Pour une classe qui a du mal à collaborer sans que ça tourne au chacun-pour-soi, l’urgence du chrono a parfois plus d’effet qu’un long discours sur le travail en groupe.
Une 10ᵉ édition qui a battu tous ses records, avant de laisser place à la suite
L’édition 2026, qui fêtait les dix ans de l’opération, s’est achevée sur des chiffres qui donnent le vertige pour un événement organisé quasi bénévolement : plus de 600 établissements inscrits, plus de 15 000 élèves participants, répartis dans plus de 400 villes et une soixantaine de pays. J’ai jeté un œil aux jeux de la sélection finale publiés sur le site officiel, et le niveau de certaines productions, en particulier côté lycée en Python, a de quoi surprendre pour un projet bouclé en une seule session.

Six catégories, du CM1 au post-bac
L’organisation ne change pas d’une édition à l’autre, ce qui est plutôt rassurant quand on découvre l’événement. Les élèves sont répartis en six catégories, selon leur niveau et l’outil qu’ils utilisent :
- Scratch (programmation par blocs, visuelle et intuitive) : CM1-6ᵉ, 5ᵉ-3ᵉ, et lycée
- Python, avec le moteur de jeu Pyxel : NSI Première, NSI Terminale, et post-bac
Cette répartition en fait un des rares événements de ce type accessibles dès le primaire. Pour une classe de CM1 qui n’a jamais touché à Scratch, le format par blocs évite l’écueil du code qui bloque tout parce qu’une virgule manque, ce qui vaut aussi le coup d’œil du côté des élèves allophones ou en difficulté avec l’écrit : ici, on manipule des blocs visuels avant de manipuler du texte.

Nuit du Code 2026-2027 : le calendrier complet
Les inscriptions pour cette 11ᵉ édition sont ouvertes depuis septembre 2026 et le resteront jusqu’à fin mai 2027, via le site officiel nuitducode.net. Une fois inscrit, l’établissement accède à tous les documents, ressources, tutoriels et supports nécessaires pour préparer et organiser sa Nuit du Code, avec l’idée affichée par les organisateurs d’alléger au maximum la charge de travail de la personne qui pilote le projet.
De janvier à mai 2027 vient la phase de préparation : tutoriels, vidéos, guides et espace de discussion entre organisateurs sont disponibles, ainsi que des univers de jeu accompagnés de grilles d’évaluation. Deux usages possibles, et rien n’empêche de faire les deux : s’en servir pour des séances d’entraînement avec les élèves, ou comme sujets de sélection interne si l’établissement a plus de candidats que de places disponibles.
Le cœur de l’événement se déroule ensuite entre le 2 mai et le 28 mai 2027, chaque établissement choisissant sa propre date selon ses ressources et ses contraintes. Les univers de jeu, confidentiels, sont transmis 48 heures avant la date retenue. Les établissements qui ne visent pas la sélection internationale peuvent repousser leur session jusqu’au 30 juin.
Un minimum de logistique reste nécessaire : assez d’ordinateurs (ce qui explique pourquoi certains établissements doivent organiser une sélection en amont), des encadrants, et de quoi nourrir tout ce monde. Les organisateurs encouragent d’ailleurs les regroupements entre établissements proches quand c’est possible. La sélection « Nuit du Code 2027 » sera annoncée mi-juin, avec huit jeux retenus par catégorie par un jury d’enseignants.

Combien ça coûte, et quelles ressources sont fournies ?
L’inscription ne coûte rien. Le budget réel dépend de ce que chaque établissement décide d’ajouter autour : à ma connaissance, la fourchette annoncée par l’organisation va de zéro à quelques dizaines d’euros, essentiellement pour la restauration si l’événement s’étire en soirée. Rien n’empêche non plus de demander aux familles d’apporter de quoi grignoter…

Côté ressources, tout est fourni une fois inscrit : fiches pédagogiques, tutoriels vidéo pour les élèves, sujets d’entraînement, diaporamas de présentation à destination des familles ou des collègues, et un espace de discussion entre organisateurs. Aucune compétence préalable en Scratch ou en Python n’est nécessaire côté enseignant, quelques séances de découverte suffisent, le reste se fait en autonomie le jour J. Sur la question des données, l’inscription se fait au niveau de l’établissement et non élève par élève, ce qui limite d’emblée ce qu’il y a à surveiller de ce côté-là. Vérifiez tout de même les conditions précises au moment de créer votre compte organisateur, en particulier si vous prévoyez de publier les jeux réalisés.
Ce qui plaît, ce qui interroge
Ce que j’aime :
- La gratuité totale et l’absence de contrainte technique côté enseignant
- Une entrée dès le CM1 grâce à Scratch, rare sur ce type d’événement
- Le format court, une session, pas un projet qui traîne sur trois mois, qui facilite l’organisation dans un emploi du temps déjà chargé
- La flexibilité totale sur la date et l’horaire
Ce que j’aime moins :
- Six heures de programmation intensive, même réparties, demandent une vraie mobilisation logistique (salle, encadrants, matériel) que toutes les écoles n’ont pas les moyens de dégager
Foire aux questions sur la Nuit du Code
Faut-il un compte pour chaque élève ?
Non. L’inscription se fait au niveau de l’établissement, pas élève par élève.
Faut-il déjà savoir coder pour participer ?
Non, ni côté élèves ni côté enseignant encadrant. Quelques séances de découverte de Scratch ou Python suffisent, tous les supports de préparation sont fournis à l’inscription.
L’événement doit-il vraiment se dérouler la nuit ?
Non, c’est un héritage du nom d’origine. Chaque établissement choisit son créneau : matinée, après-midi ou soirée.
Est-ce accessible dès le primaire ?
Oui, la catégorie Scratch CM1-6ᵉ est pensée pour ce niveau, avec une interface de programmation visuelle sans écriture de code.
Que deviennent les jeux créés par les élèves ?
Chaque établissement sélectionne ses équipes championnes, dont les jeux entrent dans une sélection internationale annoncée mi-juin par un jury d’enseignants.
Difficile de trouver un événement aussi simple à déclencher pour faire toucher du code à une classe entière sans y passer un trimestre de préparation. Si l’idée vous tente, direction le site officiel de la Nuit du Code pour inscrire votre établissement. Pour les plus jeunes qui ne rentrent pas dans les catégories du concours, j’avais recensé une liste d’outils pour s’initier au code et à la programmation, un bon point de départ avant de viser une future édition. Et si le format concours vous plaît, le concours Castor Informatique reste une autre porte d’entrée, plus courte et individuelle celle-là, vers la pensée informatique.

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