Dysmaths aide les élèves à “écrire comme les autres” en maths

Dernière mise à jour le 27 mars 2026

Il y a des situations où l’ordinateur est présenté comme une solution évidente. Pour un élève dysgraphique ou dyspraxique, taper au clavier peut effectivement lever une partie des obstacles. Mais en mathématiques, on se heurte vite à un autre mur : écrire une fraction, aligner une division, poser une opération proprement, tracer une figure, placer un angle… toute la mise en forme mathématique devient vite laborieuse.

Résultat : l’élève a un PC, mais ne peut pas vraiment produire un travail au format attendu, ou doit passer par des bricolages interminables. Souvent, on finit avec une photo floue du cahier envoyée sur l’ENT, ou un document Word où tout se décale dès qu’on touche une ligne.

C’est précisément ce que cherche à résoudre Dysmaths : une application gratuite pensée pour permettre aux élèves à besoins particuliers (notamment dysgraphie et dyspraxie) d’écrire leurs maths sur ordinateur de façon simple, lisible et scolaire, comme les autres. Une ressource qui a toute sa place dans une boîte à outils plus large, avec d’autres outils pour accompagner les élèves dys au quotidien.

Capture d'écran dysmaths

Dysmaths, c’est quoi ?

Dysmaths est une application en ligne qui propose une interface très directe : l’élève travaille sur une page qui ressemble à une feuille d’école (avec plusieurs fonds possibles) et dispose d’une boîte à outils pour placer facilement des éléments mathématiques et géométriques.

L’idée n’est pas de remplacer un cours ou d’“automatiser” les réponses. Dysmaths ne fait pas les maths à la place de l’élève. L’objectif est de : retirer la barrière motrice et graphique pour qu’il puisse se concentrer sur le raisonnement et la démarche.

Ce que j’aime ici, c’est que l’outil vise un besoin très précis, sans promettre monts et merveilles.

L’outil a été imaginé par un parent dont l’enfant est concerné par ces difficultés, précisément pour lui permettre de rédiger ses devoirs et leçons de mathématiques sur ordinateur dans un format proche du cahier de classe.

Ce qu’on peut faire concrètement avec Dysmaths

Dysmaths vise les besoins du quotidien au cycle 3, au collège et au lycée, avec des fonctions très “terrain”.

Écrire des symboles de maths sans se battre avec un éditeur d’équations

Tous ceux qui ont déjà essayé de faire rédiger des maths dans un traitement de texte le savent : l’éditeur d’équations est souvent trop complexe, trop lent ou trop fragile. Dysmaths s’appuie sur une logique plus simple : on choisit l’outil ou le symbole, puis on le place sur la feuille.

Pour un élève dys, c’est un gain immédiat : moins de manipulations fines, moins d’allers-retours clavier/souris, moins de menus à tiroirs.

Poser des opérations “au bon format”

Aligner correctement des nombres, organiser une résolution, présenter clairement une suite d’étapes peut devenir un vrai casse-tête quand l’écriture manuscrite est difficile et que la mise en page numérique est instable.

Dysmaths propose une approche qui ressemble à une feuille quadrillée : on place les éléments, on construit une mise en page claire, et on obtient un rendu lisible, imprimable. L’élève peut ainsi poser ses opérations et rédiger ses calculs comme sur un cahier, sans lutter contre la mise en forme.

Faire de la géométrie avec des outils simples

La géométrie est souvent l’un des points les plus difficiles pour des élèves dyspraxiques : règle, compas, précision du tracé, organisation sur la feuille…

Dysmaths propose des outils pour créer des figures et placer des éléments géométriques sans utiliser un logiciel complet de géométrie dynamique, souvent trop complexe. L’élève choisit une figure (segment, cercle, forme, etc.) et la positionne sur la feuille grâce à des outils conçus spécialement pour un usage scolaire.

Choisir le type de feuille : un détail qui compte

Dysmaths permet de choisir le fond de page : Seyes, grands carreaux, petits carreaux, feuille lignée, feuille blanche. Ce point peut paraître anecdotique, mais il est très important en pratique : les repères visuels et l’organisation spatiale sont une vraie aide pour de nombreux élèves dys.

L’élève retrouve ainsi un environnement familier, très proche de ce qu’il utilise en classe, ce qui facilite l’appropriation de l’outil.

Exporter en PDF pour imprimer ou rendre un travail

Une fois le travail terminé, Dysmaths permet d’exporter le résultat en PDF (ou en PNG). C’est la clé pour l’usage en classe :

  • imprimer et coller dans le cahier,
  • rendre un devoir au format papier,
  • déposer un travail sur ENT ou par mail,
  • conserver une trace propre dans le dossier de l’élève ou dans les archives de l’enseignant.

L’élève produit ainsi un document qui ressemble à celui des autres, tout en bénéficiant de ses aménagements.

dysmaths opérations

Prise en main : comment l’utiliser en classe (ou à la maison)

L’outil a été conçu autour d’une interaction très simple : glisser-déposer ou cliquer sur la feuille, puis choisir ce que l’on veut placer. Cette logique est souvent plus accessible qu’un éditeur d’équations classique, surtout pour des élèves déjà en surcharge cognitive.

Scénario 1 : le devoir maison au propre

L’élève fait ses exercices au PC, construit une présentation claire, puis exporte en PDF. L’enseignant reçoit un travail lisible, comparable à celui des autres élèves, sans devoir déchiffrer une écriture difficile ou une mise en page bancale. Et si l’enjeu, c’est aussi de rendre les consignes plus accessibles, tu peux compléter avec cet outil pour adapter un texte pour des élèves DYS.

Scénario 2 : activité en classe avec l’AESH

En salle informatique ou avec un ordinateur individuel, l’élève peut suivre la même activité que la classe. L’AESH n’a pas besoin de “réécrire” à sa place : il ou elle aide à choisir les bons outils et à organiser la page, puis laisse l’élève produire réellement son travail.

Scénario 3 : évaluation adaptée

Pour des contrôles où la présentation compte (géométrie, rédaction de raisonnement, calcul posé), Dysmaths peut devenir un compromis intéressant : l’élève est évalué sur la démarche et la compréhension, pas sur sa capacité à tracer au millimètre ou à tenir un stylo.

À garder en tête

Avant de proposer Dysmaths à un élève, il faut vérifier quelques prérequis techniques : l’outil fonctionne en ligne et nécessite donc un accès à Internet stable, que ce soit dans l’établissement ou à la maison. L’élève doit également disposer d’un ordinateur équipé d’un navigateur récent (PC, Mac, ou éventuellement Chromebook). Si l’enseignant demande systématiquement des rendus papier, il faut prévoir la possibilité d’imprimer les productions.

Dernière précaution, il faut pour certains enfants prévoir un petit accompagnement pour la prise en main.

Cela n’enlève rien à la qualité et la valeur ajoutée de ce petit utilitaire :

  • Gratuit et pensé dès le départ pour les élèves dys.
  • Interface centrée sur la réalité scolaire : feuilles, symboles, opérations, géométrie.
  • Export PDF très utile pour rendre, archiver et partager les travaux.
  • Un outil qui répond à un besoin rarement couvert : l’écriture mathématique du quotidien, entre le simple traitement de texte et les logiciels de géométrie dynamique ou de calcul formel.
  • Et pour travailler les notions autrement en parallèle, tu peux aussi regarder des outils pour rendre les maths plus vivantes.

En résumé : pour qui, pour quoi ?

Dysmaths vise un objectif simple : permettre aux élèves dysgraphiques ou dyspraxiques de rédiger leurs maths sur ordinateur de façon claire et rapide.

Pour des élèves déjà équipés d’un PC au titre des aménagements (PAP, PPS, recommandations d’ergothérapeute), c’est exactement le type d’outil qui peut faire la différence : retrouver une forme d’égalité devant la tâche, et pouvoir enfin montrer ce qu’ils savent faire… sans être pénalisés par leur écriture. Merci à Guillaume Champeau de l’avoir créé et partagé avec toutes et tous.

Guillaume Champeau vient d’ailleurs de publier le code source sur GitHub.

Notez que Guillaume propose également une autre application pour les élèves DYS : Mes Devoirs. C’est une application simple et facile à prendre en main pour aider les enfants atteints de troubles dys à saisir et gérer leurs devoirs scolaires.

1 Response

  1. Anonyme dit :

    Outil intéressant. Il faut peut être ajouter que Guillaume Champeau s’est aidé de l’intelligence artificielle. Il ne le cache pas lui même puisque il en a parlé à la radio.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *