Dernière mise à jour le 21 octubre 2026
Depuis la session 2026, l’épreuve de maths du brevet commence par vingt minutes d’automatismes, sans calculatrice, notées sur six points. Une fraction à simplifier, une conversion, un pourcentage. Et ce sont souvent ces questions « faciles » qui coûtent des points, parce que le réflexe n’est pas installé. Le seul remède connu, c’est la répétition, par petites doses. Encore faut-il trouver le temps de l’organiser.
C’est exactement le créneau d’OtoMaths, uno plateforme gratuite d’entraînement aux automatismes de maths du collège. Elle s’adresse aux professeurs de mathématiques de la 6e à la 3e qui veulent faire travailler ces réflexes en classe ou à la maison, et voir qui progresse vraiment.

Tabla de Contenidos
C’est quoi OtoMaths, concrètement ?
Un site web, sans rien à installer, qui propose des séries de questions courtes. En 3e, la liste compte 42 automatismes rangés en six domaines : nombres et calculs, calcul littéral, géométrie, mesures, données et probabilités, proportionnalité et fonctions. Pythagore, les conversions, la médiane, les pourcentages d’évolution… Le site s’appuie sur les textes officiels du cycle 4. Pour la 6e, la 5e et la 4e, l’équipe a construit ses propres listes, ajoutées fin septembre 2026.
Chaque automatisme se travaille sur cinq niveaux de difficulté, avec correction immédiate, puis un « défi Expert » chronométré. Sur le papier, c’est un exerciseur comme on en connaît d’autres. Ce qui le distingue tient au suivi côté professeur et à une couche de jeu très présente.
Derrière le projet, une professeure de maths en collège, un ancien prof de maths auteur de logiciels pédagogiques et un étudiant. Ils l’ont d’abord conçu pour leurs propres classes. Ça se sent. C’est d’ailleurs l’équipe qui m’a écrit pour me présenter l’outil, ce qui m’a donné envie d’y regarder de plus près.
Lo que puedes hacer con tus alumnos
Un rituel d’automatismes projeté au tableau
Le mode diaporama projette les questions en plein écran : vous choisissez les automatismes et le niveau, puis vous déroulez la correction question par question. Pour un rituel de début d’heure, c’est la fonction la plus utile. Aucun élève n’a besoin d’un appareil.
Des séances ciblées, en salle info ou à la maison
Chaque élève repère ses points faibles et peut lancer une session sur le seul automatisme qui lui résiste. Les tests « Flash » entraînent à répondre vite, ce que demande justement l’épreuve. Le site tourne dans un navigateur, sur ordinateur, tablette ou smartphone.
Un brevet blanc des automatismes
En 3e, un « Brevet des automatismes » reprend le format de l’épreuve : neuf questions tirées de vrais sujets de DNB, vingt minutes, sans calculatrice, correction détaillée à la fin. Bien vu.
Des tests notés et un suivi semaine après semaine
Côté professeur, vous créez vos classes et le site génère identifiants et mots de passe, à imprimer. Vous pouvez fermer les automatismes pas encore traités, programmer un devoir surveillé ou un test noté, et même imprimer le devoir en PDF. Un onglet « Évolution » montre chaque semaine qui progresse, qui décroche, et qui ne s’est pas connecté depuis quatorze jours.
Le site a été créé cet été et tourne depuis deux mois à peine. En parcourant la page Nouveautés, j’ai compté plus d’une vingtaine d’ajouts depuis la mi-août. Le rythme impressionne, et il rappelle que le projet est tout jeune.

Badges, boutique, classements : la ludification, moteur ou distraction ?
C’est l’aspect le plus marqué d’OtoMaths. Les bonnes réponses rapportent des points qui font monter des niveaux, puis dix paliers de Novice à Maître. S’ajoutent des badges, une boutique d’avatars et de cosmétiques, des séries de jours, des événements saisonniers et des classements par classe, par établissement et au niveau national.
Au collège, ce genre de mécanique accroche souvent, au moins un temps. Détail bien pensé : les week-ends et les vacances ne cassent pas les séries.
Il faut quand même le savoir, la boutique est foisonnante (j’avoue avoir souri devant les « boutons taquins », des effets à acheter qui rendent certains boutons difficiles à attraper ; pas sûr qu’ils amusent autant un collègue en pleine séance). Pour un élève qui se décourage vite, un classement national peut peser plus qu’il ne motive. L’élève peut se masquer, mais il renonce alors aux récompenses de classement. Je n’ai pas trouvé d’option pour que le professeur coupe les classements de toute une classe.
Pour quels élèves et quels profs ?
Le cœur de cible, ce sont les 3e qui préparent le brevet. L’intérêt grandit pourtant avec les plus jeunes : installer les automatismes dès la 6e évite de tout rattraper en fin de cycle. Pour des 6e aux tables encore fragiles, je garderais aussi sous le coude Calcul@TICE et ses jeux de calcul mental. Dans l’académie de Versailles, OtoMaths se lance directement depuis Éléa, sans nouvelle inscription.
Pour les élèves dys ou ceux qui ont besoin de temps, c’est moins évident. L’équipe le reconnaît dans une page accessibilité d’une franchise rare : rien n’a encore été audité, aucun test avec lecteur d’écran, et les animations des badges peuvent gêner les personnes sensibles au mouvement. Avec ces élèves, le diaporama collectif, à votre rythme, me paraît plus adapté. Pour écrire des maths à l’écran, Dismaths sigue siendo un buen complemento.

OtoMaths est-il gratuit ? Comptes et données des élèves
Oui, entièrement, élèves et professeurs compris, et sans publicité. La vraie question se situe dans la durée : un service porté bénévolement par trois personnes peut s’arrêter un jour. Rien ne l’annonce, mais je n’y bâtirais pas toute ma progression.
Pour le professeur, l’accès passe par un formulaire de demande validé par l’équipe, sans délai précis annoncé. Les comptes élèves, c’est vous qui les créez : ni e-mail obligatoire, ni photo, ni date de naissance. Un mode démo sans compte permet de faire le tour de l’espace élève.
Ce qui m’a surpris, en revanche, c’est la politique de confidentialité, mise à jour le 8 octobre 2026. Elle est claire, avec même un résumé écrit pour les élèves. Données hébergées chez STRATO, en Allemagne. Pas de cookie publicitaire ni de mesure d’audience. Un compte élève inactif est supprimé au bout de douze mois.
Deux points à connaître tout de même. Dans les classements, les autres élèves voient le prénom, l’initiale du nom, l’avatar et les badges, y compris au niveau national. Et la politique précise que le site est développé avec l’aide d’une IA (Claude, d’Anthropic, société établie hors de l’Union européenne), qui peut exceptionnellement accéder à des données pour corriger un bug. C’est honnête de l’écrire.
Lo que me gusta / lo que me gusta menos
Lo que me gusta
- Un outil conçu par des profs de maths, collé à la nouvelle épreuve du brevet.
- Le diaporama, pour un rituel collectif sans équipement côté élèves.
- Le brevet blanc des automatismes, au format de l’épreuve.
- La gratuité sans publicité et une politique de confidentialité lisible.
Lo que menos me gusta
- Une ludification très chargée, qui ne conviendra pas à tous les élèves.
- L’accès professeur soumis à validation : impossible de tester l’espace enseignant dans la foulée.
- L’accessibilité, pas encore auditée.
À tester pour installer un vrai rituel d’automatismes
La réforme du brevet a rendu pressante une vieille question : comment faire répéter souvent, un peu, sans passer ses soirées à corriger ? OtoMaths y répond sérieusement, à condition de garder la main sur le dosage du jeu. Je commencerais par le diaporama et le brevet des automatismes avec une 3e, avant d’ouvrir les comptes élèves. Le mode démo d’OtoMaths suffit pour vous faire une première idée.
