Dernière mise à jour le 22 décembre 2025
Vous connaissez la situation. Vous préparez une séquence sur la Révolution française. Vous ouvrez un article du Monde, une vidéo YouTube, un fil Twitter d’un historien, un PDF trouvé sur Éduscol. Quatre onglets. Puis huit. Puis quinze. Vous vous dites que vous reviendrez demain pour trier tout ça.
Ce problème s’appelle l’infobésité. Une solution ? Collabwriting que je vous propose de découvrir.

Table des matières
Ce que fait Collabwriting, concrètement
Fermez vos 87 onglets, gardez vos découvertes. Collabwriting est un outil conçu pour sauvegarder, organiser et collaborer sur les informations que vous trouvez en ligne. Au lieu de garder des dizaines d’onglets ouverts ou de perdre des liens dans des notes éparpillées, vous capturez articles, posts de réseaux sociaux, PDF et même vidéos YouTube — le tout centralisé au même endroit.
L’outil se présente sous forme d’une extension pour votre navigateur. Pour l’installer trente secondes suffisent. Rendez-vous sur le Chrome Web Store, cliquez sur « Ajouter à Chrome », confirmez. C’est fait. Pour ceux qui n’utilisent pas Chrome, l’extension existe aussi pour Edge, Firefox, et même Edge mobile.
Son principe : vous lisez quelque chose en ligne, un passage vous frappe, vous le surlignez. Ce passage est capturé. Vous y ajoutez une note — votre réflexion, votre interprétation, votre idée d’utilisation en classe. Tout est stocké dans un espace personnel.

Comment ça fonctionne ?
Le tableau de bord
Une fois connecté, vous accédez à votre dashboard. C’est le centre de commande où tout ce que vous sauvegardez atterrit automatiquement.
Le contenu s’organise selon deux niveaux :
- Les clusters (ou projets ): ce sont vos grands projets ou vos équipes. Un cluster « Première Guerre mondiale », un autre « Atelier d’écriture 4e », un troisième « Veille pédagogique ».
- Les topics (ou mots clés): à l’intérieur de chaque cluster, les topics fonctionnent comme des dossiers. Dans votre cluster « Première Guerre mondiale », vous créez un topic « Témoignages de poilus », un autre « Cartes et batailles », un troisième « Ressources vidéo ».
Cette architecture simple vous évite le chaos des signets classiques.

Le surlignage intelligent
Vous lisez un article en ligne. Une phrase vous frappe. Vous la surlignez directement dans la page, comme vous le feriez avec un stabilo sur papier. Le passage est instantanément sauvegardé dans le topic de votre choix.
Vous pouvez varier les couleurs de surlignage pour distinguer différents types d’informations : jaune pour les citations, vert pour les données chiffrées, rose pour les idées à creuser. Votre système, vos règles.
Les PDF aussi
Collabwriting ne se limite pas aux pages web. Vous pouvez surligner un PDF en ligne exactement comme un article. Mieux : vous pouvez uploader vos propres fichiers directement dans l’application. Rapports, articles de recherche, documents institutionnels — tout devient annotable et organisable.
Une fois votre travail terminé, vous exportez le topic entier en PDF ou vous l’imprimez pour un usage hors ligne.
Les réseaux sociaux intégrés
Vous scrollez sur LinkedIn et tombez sur un post pertinent. Avec l’extension activée, un petit bouton « save » apparaît sous chaque publication. Un clic, et le post rejoint votre tableau de bord. Même principe sur X (ex-Twitter), Reddit, Quora. Fini les captures d’écran perdues dans votre pellicule photo.

L’atout majeur : la collaboration
Collabwriting n’est pas qu’un outil de veille personnelle. C’est un espace de travail partagé.
Avec Collabwriting, vous mettez en place un espace de travail commun. Chaque enseignant y dépose ses trouvailles. Tout le monde voit tout, en temps réel. Vous commentez les ressources des autres. Vous construisez une base commune sans réunion supplémentaire.
Comment fonctionne la collaboration dans Collabwriting, étape par étape
Inviter et définir les permissions
Vous pouvez créer des liens publics et personnaliser les permissions. Concrètement : vous invitez votre collègue d’histoire-géographie en mode « édition » — il peut ajouter ses propres trouvailles. Vous invitez une professeure documentaliste en mode « commentaire » — elle peut réagir aux sources, suggérer des pistes, signaler un problème de fiabilité. Vous partagez un lien en mode « consultation » avec vos élèves — ils voient les ressources sans pouvoir les modifier.
Mentionner et notifier
Directement sous un surlignage, vous pouvez mentionner un collègue et lui assigner un rôle. La personne reçoit une notification instantanée. Elle voit exactement ce que vous avez surligné, dans son contexte. Pas besoin d’envoyer un mail avec « regarde le troisième paragraphe de l’article dont je t’ai parlé hier ».
Commenter pour construire ensemble
La possibilité de laisser des commentaires sur les sections surlignées amène la collaboration à un autre niveau. Vous annotez un article, votre collègue répond à votre annotation, un troisième ajoute une source complémentaire. La discussion se construit autour du contenu lui-même.
Réutiliser sans perdre le contexte
Vous rédigez votre cours dans Google Docs. Vous avez besoin d’un texte que vous aviez sauvegardé il y a une semaine. Vous prenez ce texte dans Collabwriting et vous le mettez dans votre document. Vous gardez aussi les informations importantes : d’où vient ce texte, qui l’a trouvé, et quand.

Ce que ça change pour un enseignant
Cet outil peut répondre à de nombreux usages, j’en ai retenu quatre évidents où il apporte une vraie valeur ajoutée :
Premier usage : la préparation de cours. Vous accumulez des ressources pendant des semaines. Un article lu dans le métro. Une vidéo regardée un dimanche soir. Un PDF téléchargé il y a six mois. Tout est là, organisé par thème, avec vos réflexions attachées. Quand vient le moment de construire votre séquence, vous ouvrez votre topic. Vos trouvailles sont devant vous.
Deuxième usage : le travail en équipe. Vous préparez une séquence avec un collègue d’une autre discipline. Vous partagez un topic. Chacun y dépose ses découvertes. Vous commentez les siennes. Il commente les vôtres. Le ping-pong intellectuel se fait sans réunion, sans mail, sans document partagé qui enfle jusqu’à devenir illisible.
Troisième usage : la veille professionnelle. Vous lisez des articles sur la pédagogie, les outils numériques, les évolutions du métier. Vous surlignez ce qui compte. Dans six mois, vous retrouvez ce passage qui vous avait marqué. Votre note d’alors vous rappelle pourquoi.
Quatrième usage : avec les élèves. Pour un TPE, un grand oral, un projet de recherche. Vous créez un topic partagé. Les élèves y déposent leurs trouvailles. Vous voyez ce qu’ils lisent, ce qu’ils retiennent, ce qu’ils en pensent. Vous commentez. Vous orientez. Vous corrigez les fausses pistes avant qu’elles ne deviennent des certitudes.
Le prix d’une meilleure organisation ?
Gratuit. Le compte de base donne accès à des surlignages illimités, des topics illimités, des hashtags illimités, un stockage illimité, 5 invités, 5 clusters, et des uploads PDF illimités (jusqu’à 5 Mo par fichier).
Une version Pro existe pour les usages plus intensifs. Un programme « Guardian » offre la version Pro gratuitement en échange d’une participation au système de vérification des faits.
Les limites à connaître
L’outil demande une discipline. Il faut prendre l’habitude de surligner et d’annoter. Sans cette régularité, Collabwriting devient un dépôt de plus, aussi encombré que vos favoris actuels.
L’extension de navigateur est nécessaire pour la capture. Sur tablette ou téléphone, l’usage est moins fluide. Dommage.
La courbe d’apprentissage est courte, mais elle existe. Prévoyez une petite heure pour comprendre la logique des topics, des clusters, des exports.
Pour qui, vraiment ?
Pour l’enseignant qui lit beaucoup en ligne. Pour celui qui prépare ses cours à partir de sources multiples. Pour celle qui travaille en équipe sur des projets. Pour ceux qui encadrent des élèves dans des travaux de recherche.
Si vous n’ouvrez jamais plus de cinq onglets, si vos ressources tiennent dans un manuel et trois photocopies, Collabwriting ne vous aidera pas spécialement.
Si votre navigateur ressemble à un champ de bataille, si vous avez déjà perdu un article que vous auriez voulu retrouver, si vous collaborez avec des collègues éparpillés — alors oui, cet outil mérite vos trente minutes d’essai.
Lien Collabwriting : https://collabwriting.com/
Collabwriting est une extension de navigateur qui permet de surligner, annoter et organiser tout ce que vous lisez en ligne, seul ou en équipe. Articles, PDF, posts de réseaux sociaux ou vidéos : vos trouvailles sont capturées, classées par projet et partageables avec vos collègues ou vos élèves. De quoi transformer vos 87 onglets ouverts en une base de ressources réellement exploitable en classe.