Dernière mise à jour le 5 août 2026
Fin août, salle vide, une liste de 29 prénoms sur un bout de papier. Vous savez déjà que Théo et Maxence ne peuvent pas être voisins, que deux élèves ont besoin du premier rang, et qu’il faudra tout redessiner en novembre. Alors on ouvre un tableur, on aligne des rectangles, on gomme, on recommence.
Bref, il existe des outils faits pour ça. J’ai repris cette liste publiée il y a un an de fond en comble : huit générateurs de plan de classe, du logiciel libre à installer à l’application web qui tourne sans compte, en passant par deux services payants. Pour chacun j’ai regardé ce qu’il coûte vraiment, s’il faut s’inscrire, et aussi où atterrissent les prénoms de vos élèves. C’est la question que presque personne ne traite, et c’est pourtant la seule qui devrait vous faire hésiter avant de coller une liste de classe dans un formulaire.
On avait vu il y a quelque temps comment gagner du temps pour créer une structure d’école. Voici de quoi organiser votre salle dès la rentrée. Si vous en connaissez d’autres qui ne figurent pas ici, ajoutez-les en commentaire.
Table des matières
Avant de coller votre liste d’élèves quelque part
Un plan de classe, ce n’est pas un dessin anodin. C’est une liste nominative de mineurs, parfois avec des photos, parfois avec un commentaire implicite sur qui est bavard et qui a besoin d’être devant. Trois réflexes avant de vous lancer :
- Regardez si l’outil tourne dans votre navigateur ou sur un serveur. Certains ne font rien sortir de votre machine, d’autres stockent tout dans un compte en ligne. Ce n’est pas le même engagement.
- Les prénoms suffisent presque toujours. Inutile de saisir les noms de famille, encore moins d’importer les photos de classe, sauf si vous savez précisément où elles seront hébergées.
- Vérifiez la langue de l’interface. Deux des outils de cette liste sont uniquement en anglais. Ce n’est pas rédhibitoire pour vous, ça l’est si un collègue peu à l’aise doit prendre la main.
Un mot aussi sur l’accessibilité, souvent oubliée : un élève malvoyant, un élève dys qui a besoin de la parole de l’enseignant sans bruit de fond, un élève appareillé, tout cela se joue au moment du placement et pas après. Les outils qui gèrent des règles (« cet élève au premier rang », « ces deux-là séparés ») vous font gagner du temps là-dessus. Les autres vous laissent tout faire à la mano.
Salle de Classe : le logiciel libre qui garde tout sur votre ordinateur
Salle de Classe reste l’option la plus rassurante côté données, pour une raison simple : c’est un logiciel que vous installez, sur Windows, Linux ou macOS, et rien ne part ailleurs. J’en avais déjà parlé dans un article dédié. Plans de classe, groupes pour le travail en îlots, mélange des élèves en excluant ceux que vous avez déjà positionnés : les fonctions ont été bien pensées par les trois auteurs, une famille d’informaticiens et de profs de maths.
Il faut être honnête sur un point. La dernière version publiée est la 1.1.1, et elle date de septembre 2020. Le dépôt compte encore quelques tickets ouverts. Le logiciel fonctionne, mais le projet n’a plus bougé depuis cinq ans, et sur macOS l’installation reste manuelle. Si vous cherchez un outil qui évolue, regardez ailleurs. Si vous cherchez un outil qui ne demande de comptes à personne et que vous acceptez une installation un peu rugueuse, il fait toujours le travail.
Plan de classe : des photos des élèves pour retenir les visages
Plan de classe est une application web québécoise conçue par Sylvain Payeur, enseignant en informatique près de Québec. Elle vise surtout les profs du secondaire qui voient six ou sept groupes par semaine et qui rament à mettre un nom sur chaque visage en septembre. Vous créez votre disposition, vous copiez-collez vos listes, vous placez les élèves par ordre alphabétique ou au hasard, et vous imprimez en couleur ou en noir et blanc, avec ou sans photos.
L’inscription personnelle est gratuite, sans limite de groupes, et vous saisissez vos données vous-même. Une formule « école » existe à 200 $ par an et par établissement (le site étant québécois, on peut supposer des dollars canadiens), avec import automatique des listes et des photos depuis GPI, le système de gestion scolaire du Québec. Autant dire que cette partie-là ne vous servira à rien en France.
Réserve importante : l’outil est pensé pour intégrer les photos des élèves sur un serveur situé hors de l’Union européenne.

XperProf : la vue prof et la vue élève sur le même PDF
XperProf propose une interface franchement datée, mais une fonction que je n’ai vue nulle part ailleurs aussi bien faite : l’export PDF sort deux plans, une vue prof (vous êtes face aux élèves) et une vue élève (vous regardez dans la même direction qu’eux). Concrètement, vous projetez la vue élève au tableau à 8 h et chacun trouve sa place sans que vous ayez à décoder mentalement la symétrie. Ça paraît anecdotique. Le jour de la rentrée, ça ne l’est pas.
Pour le reste, l’algorithme place les élèves au hasard sur les tables restantes, en laissant intactes celles que vous avez verrouillées. Vous pouvez donc isoler un élève à une place précise et laisser le tirage faire le reste.
Point à corriger par rapport à ce que disait l’ancienne version de cet article : XperProf n’est pas entièrement gratuit. Il faut un compte, l’essai complet dure un mois, puis vous basculez sur une version basique. La version complète est proposée à 12 € TTC pour un an, avec jusqu’à dix groupes stockés en ligne. À ce prix-là on ne va pas crier au scandale, mais autant le savoir avant de saisir six classes.

Gynzy : le plan de classe intégré à une suite pour TBI
Gynzy n’est pas un générateur de plan de classe, c’est une suite d’outils pour tableau blanc interactif dans laquelle le plan de salle est un module parmi une trentaine (minuteur, sélecteur d’élève, feu de signalisation, générateur de groupes). Vous déplacez le mobilier, vous le faites pivoter, vous ajustez les tailles jusqu’à obtenir la disposition réelle de votre salle. Le rendu est le plus soigné de cette sélection.
C’est payant, et il faut le dire clairement. Une licence enseignant à l’année, une licence école par salle de classe… Les montants ne s’affichent pas sur la page tarifs : il faut lancer la procédure ou demander un devis, ce qui est toujours un peu (beaucoup) agaçant. Il existe un essai gratuit, identique à la version payante. L’éditeur est néerlandais et met en avant sa conformité RGPD, ce qui reste un argument sérieux pour une école européenne.
Bon, si vous n’avez pas de TBI ou d’écran tactile en classe, payer Gynzy pour le seul plan de salle n’a aucun intérêt. C’est le reste de la trousse qui justifie la dépense, ou rien.

UbiSit : hébergé par la Forge des communs numériques éducatifs
UbiSit a été conçue par un enseignant et hébergée sur la Forge des communs numériques éducatifs, l’infrastructure du ministère. Je l’ai ouverte pour voir : elle démarre instantanément, sans compte, sans écran d’accueil, sans bandeau cookies. On bascule entre un mode « Bureaux » et un mode « Élèves », on importe une liste depuis un fichier texte (un prénom par ligne), on place à la main ou on laisse le bouton répartir. Les élèves déjà positionnés restent en place quand vous relancez le tirage, ce qui est exactement ce qu’on attend.
Le plan s’exporte et se réimporte en JSON, donc vous réutilisez la même salle pour vos autres classes. Petit détail que j’aime bien : vous pouvez retirer tous les élèves avant d’exporter, pour garder une disposition vierge.

Educatarea : le plus complet sans créer de compte
De toute la sélection, Educatarea est celui que je recommanderais à un collègue pressé. Interface en français, aucune inscription, pas de publicité, pas de filigrane. J’ai collé une liste de prénoms et obtenu un plan en moins d’une minute.
Ce qui le distingue vraiment, c’est le système de règles. Vous demandez que certains élèves soient placés au premier rang, d’autres au dernier, que deux élèves soient éloignés d’au moins deux places, ou au contraire côte à côte. L’application applique ces règles par ordre de priorité, en commençant par les placements imposés devant.
Il y a aussi un mode « mélanger les listes » qui répartit équitablement des élèves issus de groupes différents : pratique pour les binômes de tutorat ou pour ne pas concentrer les mêmes profils au même endroit. Chaque rangée peut avoir un nombre de places différent, ce qui permet enfin de reproduire les salles biscornues.
Export PDF, export Excel, impression. Vos réglages sont mémorisés dans le navigateur, donc vous retrouvez votre travail en revenant, et vous les effacez avec le bouton de réinitialisation.
Le bémol : on ne sait pas qui est derrière le site. La politique de confidentialité ne nomme aucune société, mentionne Google Analytics et renvoie à la COPPA, une réglementation américaine, sans un mot sur le RGPD. Les prénoms d’élèves restent dans votre navigateur, ce qui limite fortement le risque. Mais l’absence d’éditeur identifiable sur un outil destiné à l’école, franchement, c’est un manque.

Seating Chart Maker : le plus abouti, mais payant et en anglais
Seating Chart Maker est développé par un studio finlandais, ce qui place l’hébergement dans l’Union européenne. C’est de loin l’éditeur de salle le plus abouti de la liste : formes de tables variées, rotation, alignement automatique, copier-coller de groupes de tables, objets de décor, portraits d’élèves. Vous importez la liste depuis un CSV ou un tableur, vous définissez qui garder ensemble et qui séparer, et vous basculez entre vue prof et vue élève à l’impression comme à la projection. Il gère aussi les amphis et les salles de formation, donc le supérieur y trouvera son compte.
Attention aux conditions réelles. L’essai gratuit dure 7 jours et se limite à une salle, une liste et un plan, avec un filigrane sur les impressions. Ensuite l’abonnement personnel est à environ 4 $ par mois, facturé 47,88 $ à l’année. Une formule équipe existe autour de 25 $ par mois pour dix utilisateurs.
L’interface est uniquement en anglais. Pour vous ça passe sans doute, mais si l’idée est d’équiper une équipe disciplinaire, c’est un frein réel.

Mon Plan de Classe : le seul qui documente clairement le RGPD
Mon Plan de Classe est un service français récent, et c’est le seul de cette sélection dont la politique de confidentialité m’a rassuré. Elle indique un hébergement en France sur serveur privé, la collecte des prénoms d’élèves uniquement (jamais les noms de famille), une mesure d’audience via Plausible sans cookie de traçage, et la suppression des données sous 30 jours en cas de fermeture du compte. Pour un outil qui manipule des listes de mineurs, ce niveau de précision devrait être la norme. Il ne l’est pas.
Le fonctionnement est classique et efficace : vous saisissez ou importez vos élèves, vous posez vos contraintes (séparer les bavards, regrouper des binômes, mettre certains élèves devant), vous dessinez la salle, l’outil génère un plan qui respecte les règles et vous ajustez ensuite par glisser-déposer.
Il faut un compte, et le gratuit est vraiment limité : deux classes, une salle, trois générations de plan par mois, export PDF. Au-delà, c’est 19,99 € pour l’année en illimité, avec une formule établissement sur devis. Pour un professeur des écoles avec une seule classe, la version gratuite suffit largement. Pour un prof de collège avec six groupes, il faudra passer par la case paiement.

Quel générateur de plan de classe choisir selon votre besoin
| Votre besoin | Outil conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Un plan en cinq minutes, sans compte | Educatarea | Aucune inscription, règles de placement, export PDF et Excel |
| Des données élèves qui restent en France | Mon Plan de Classe | Hébergement France, prénoms seuls, RGPD documenté |
| Un outil gratuit hébergé par l’institution | UbiSit | Forge des communs numériques éducatifs, rien à installer |
| Ne rien mettre en ligne du tout | Salle de Classe | Logiciel installé, données sur votre machine, gestion des îlots |
| Retenir les visages en septembre | Plan de classe (Québec) | Photos d’élèves et impression couleur (prudence sur l’hébergement) |
| Projeter le plan pour que les élèves se placent seuls | XperProf | Export PDF en vue prof et en vue élève |
| Un module intégré à votre TBI | Gynzy | Plan de salle au milieu d’une trentaine d’outils de classe |
| Salles complexes, amphis, rendu très soigné | Seating Chart Maker | Éditeur de salle le plus abouti (payant, en anglais) |
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Un plan de classe n’est pas un dessin, c’est une série de décisions : qui devant, qui séparé de qui, qui à côté de l’élève qu’on veut aider. Ces outils ne prennent aucune de ces décisions. Ils vous font seulement gagner les quarante minutes de gommage et de recopie qui viennent après, et ça n’est déjà pas rien un dimanche soir de fin août.
Si vous ne devez en tester qu’un, prenez Educatarea pour la rapidité, ou Mon Plan de Classe si l’hébergement des données compte pour vous. Le bon outil, de toute façon, c’est celui que vous rouvrirez sans soupirer en novembre, quand la dynamique de la classe aura changé et qu’il faudra tout revoir.
Dans le même registre, vous pouvez regarder les outils pour créer un emploi du temps scolaire ou ces outils pour réaliser un diagramme en ligne.
Questions fréquentes sur les générateurs de plan de classe
Faut-il créer un compte pour faire un plan de classe ?
Pas toujours. Educatarea et UbiSit fonctionnent immédiatement, sans inscription. XperProf, Mon Plan de Classe, Plan de classe, Gynzy et Seating Chart Maker demandent un compte enseignant. Aucun de ces outils ne réclame de compte pour les élèves, ce qui simplifie beaucoup les choses.
Peut-on vraiment mettre les photos des élèves ?
Techniquement oui, sur Plan de classe et Seating Chart Maker. Juridiquement, c’est une autre affaire : les portraits d’élèves sont des données personnelles de mineurs, et leur dépôt sur un service tiers relève de votre chef d’établissement, pas de votre initiative. Vérifiez auprès de lui avant, ou contentez-vous des prénoms.
Ces outils marchent-ils sur tablette ?
Les applications web (Educatarea, UbiSit, Mon Plan de Classe, XperProf, Plan de classe, Gynzy, Seating Chart Maker) s’ouvrent dans un navigateur de tablette. Le glisser-déposer au doigt sur un plan de 30 places reste pénible, cela dit. Salle de Classe, lui, est un logiciel à installer sur ordinateur uniquement.
Quel générateur pour une classe de primaire ?
Mon Plan de Classe ou Educatarea. Une seule classe, un seul plan à retoucher de temps en temps : la version gratuite de Mon Plan de Classe couvre exactement ce cas, et Educatarea évite même la création de compte.
Les données des élèves sont-elles protégées ?
Cela dépend fortement de l’outil, et c’est le principal critère de choix. Salle de Classe ne fait rien sortir de votre ordinateur. Educatarea et UbiSit gardent tout dans votre navigateur. Mon Plan de Classe héberge en France et le documente. Les autres méritent une lecture attentive de leurs conditions avant de leur confier une liste nominative.

Bonjour , j’ai récemment codé un outil qui complète ceux ci , il s’appel classOptimize et peut être retrouver en opensource ici : https://github.com/jeromefavrou/ClassOptimize