Live Quiz: interactive quizzes in class, with or without a phone for students

Dernière mise à jour le 14 September 2026

Dernière heure, vendredi. Vous voulez vérifier en dix minutes ce que la classe a retenu du chapitre, sans ramasser trente copies à corriger le soir. Et là, ça coince toujours au même endroit : l’outil réclame un compte pour chaque élève, le Wi-Fi de l’établissement rend l’âme, ou la moitié de la classe n’a pas de téléphone.

Live Quiz attaque précisément ces trois obstacles. C’est une application web gratuite de quiz interactif en classe, hébergée sur la Forging educational digital commons, pensée pour les enseignants du primaire au supérieur.

Live quiz

C’est quoi Live Quiz, concrètement ?

Live Quiz projette des questions au tableau et fait répondre la classe en direct. Les scores s’affichent, un podium clôt la partie, et vous repartez avec un fichier de résultats. Sur le principe, on est proche de ce que fait Kahoot depuis des années.

La différence tient à ce qu’il y a derrière. L’application a été écrite par deux enseignants, Vincent Schoeffter et Gauthier Remande, sous licence libre GNU GPL. Elle est hébergée sur la Forge du ministère de l’Éducation nationale, comme Maths Forge dont je vous parlais il y a quelques mois. Aucune installation, aucun compte, ni pour vous ni pour les élèves. Tout tourne dans le navigateur.

Deux modes de jeu, selon que vos élèves ont un téléphone ou pas

C’est le choix structurant, et il ne dépend pas de vos questions mais de ce que la classe a entre les mains.

The mode Classique ressemble à ce que vous connaissez : chaque élève rejoint la salle avec un code à six caractères ou un QR code, choisit un pseudonyme, et répond depuis son appareil. Répondre vite rapporte davantage de points.

The mode Scan papier est celui qui m’a intéressé. Les élèves reçoivent une carte imprimée en noir et blanc, portant un motif et les lettres A, B, C, D sur les quatre côtés. Ils tournent la carte pour que leur réponse soit en haut, ils la lèvent, et vous balayez la salle avec votre téléphone. Le vote apparaît instantanément sur l’écran projeté. Le principe rappellera quelque chose à ceux qui ont utilisé Plickers, à ceci près qu’ici l’outil est libre et qu’il n’y a rien à créer comme compte.

Classique Scan papier
Matériel élève Un appareil par joueur Une carte en papier
Réseau élève Indispensable Aucun
Limite Pas de limite pratique 50 cartes
Score Justesse et rapidité Justesse seule

Pour une classe peu équipée, ou pour un collègue qui ne veut pas gérer trente téléphones allumés, le mode Scan règle la question. Les cartes s’impriment une fois et resservent toute l’année.

Comment lancer un quiz avec Live Quiz : le mode d’emploi

La page d’accueil est découpée en trois blocs numérotés. C’est linéaire, on ne se perd pas.

1. Remplir la banque de questions

Plusieurs entrées, cumulables. Vous pouvez saisir vos questions à la main, importer un fichier tableur (séparateur point-virgule, un modèle vierge est téléchargeable), ou charger une des banques prêtes à l’emploi filtrables par matière et par niveau. Pratique pour un remplacement au pied levé.

Côté IA, Live Quiz s’appuie sur Albert, l’IA souveraine de l’État. Vous entrez un thème, un nombre de questions, un niveau, et le QCM arrive.

L’IA ne sert pas seulement à créer des questions

C’est l’un des aspects que je trouve très intéressants dans Live Quiz.

L’application ne se contente pas de proposer un bouton « Générer avec l’IA ». Elle permet de partir de contenus pédagogiques pour produire un quiz davantage contextualisé.

Vous pouvez notamment fournir des documents comme des PDF, des fichiers DOCX, photo d’un manuel passée à l’OCR afin de servir de base à la génération. Vous pouvez aussi coller un lien YouTube, PodEduc ou PeerTube : la transcription de la vidéo devient la source des questions.

Si vous venez de de terminer un chapitre et voulez rapidement fabriquer un QCM de révision, l’intérêt est évident : on part de son propre contenu plutôt que d’un thème complètement générique.

Vous connaissez le refrain : quelle que soit l’IA relisez toujours. Une IA se trompe sur les dates et les chiffres. Tout se corrige dans le tableau d’édition, cellule par cellule.

2. Choisir le mode et régler les options

Mélanger les questions, supprimer le chronomètre, activer un mode Équipes, passer en mode Sondage sans bonne réponse, anonymiser le classement projeté. Cette dernière option mérite un mot : dans une classe où l’échec public bloque la participation, afficher un surnom à la place du pseudonyme change beaucoup de choses.

mode

3. Ouvrir la session

Un clic sur « Ouvrir la session » crée la salle. En mode Classique, vous projetez le QR code et le code de salle. En mode Scan, un écran de préparation vous fait ouvrir l’onglet projecteur, puis connecter votre téléphone en visant un QR code. Attention au piège signalé par les auteurs eux-mêmes : une seule caméra à la fois, sinon la connexion se perd en boucle.

affichage des résultats

4. Récupérer les résultats

Export en tableur (une ligne par élève, une colonne par question, note sur 20, pourcentage de réussite) ou en PDF prêt à imprimer. À faire avant de fermer la session : une fois la page fermée, plus rien n’est récupérable.

Les nouveautés récentes : le téléphone devient la télécommande

L’outil bouge vite. Les dernières évolutions portent surtout sur la prise en main :

  • Un guidage étape par étape sur l’écran de session, qui vous accompagne à chaque moment clé.
  • Le téléphone en position centrale : il lance le quiz et sert de télécommande complète (fermer la question, rouvrir les votes, révéler la réponse, projeter le classement, ajouter trente secondes).
  • L’effectif modifiable à tout moment, y compris quiz lancé. Deux élèves arrivent en retard, vous passez de 22 à 24 et le téléphone en est averti aussitôt.
  • Des libellés clarifiés : « Aperçu élève » et « Éditer les questions » remplacent des intitulés qu’on confondait.
  • Un écran projeté en thème clair par défaut, parce qu’un vidéoprojecteur de salle de classe délave les fonds sombres. Détail ? Pas du tout, quand les élèves du fond n’arrivent pas à lire l’énoncé.

Gratuit, sans compte : et les données des élèves ?

Gratuit, sans abonnement, sans version premium. Sur les données, le parti pris est radical et c’est ce qui rend l’outil intéressant pour un établissement. Les réponses circulent directement d’appareil à appareil en pair à pair, sans base de données. Vos questions restent dans le stockage local de votre navigateur. Aucun nom de famille, aucune adresse électronique demandée. Quand une connexion directe est impossible, cas fréquent derrière un pare-feu scolaire, les échanges transitent chiffrés par un relais hébergé par l’Incubateur de l’Éducation nationale, à Paris.

Une seule fonction envoie quelque chose vers l’extérieur : la génération par Albert. Le thème ou le document déposé part vers un service de l’État français. La consigne des auteurs est claire et je la relaie telle quelle : n’y déposez pas de document contenant des données personnelles d’élèves.

What I like, what I like less

J’aime :

  • L’absence totale de compte, pour tout le monde. On gagne les dix premières minutes de séance.
  • Le mode Scan, qui rend l’activité possible dans une classe sans matériel.
  • La génération de questions à partir de ses propres cours ou d’une vidéo.
  • Le soin porté aux détails d’usage réel : reconnexion automatique d’un élève, propositions mélangées différemment sur chaque écran, animations qui respectent le réglage système « réduire les animations ».

J’aime moins :

  • Rien ne fonctionne sans Internet côté enseignant, même en mode Scan. La préparation, elle, passe hors ligne.
  • Cinquante cartes maximum en mode Scan, et des cartes imprimées avant la version 6.0 qui ne sont plus reconnues.
  • La banque de questions vit dans le navigateur. Un nettoyage des données et tout disparaît, sauf à exporter un fichier.
  • En mode Classique, la rapidité entre dans le score. Pour une évaluation, cela pénalise les élèves lents sans rien dire de leurs connaissances. Je n’ai pas pu tester le mode Scan avec une classe entière, mais sur le papier il s’y prête mieux puisqu’il ne compte que la justesse.

Un outil né dans une salle de classe

Ce qui frappe, en parcourant le tutoriel, c’est le nombre de remarques qui ne peuvent venir que de la pratique : évitez le contre-jour, marchez dans la salle plutôt que de scanner depuis le bureau, comptez large sur la durée parce que taper sur un téléphone prend plus de temps qu’on ne l’imagine. On sent le vecu d’enseignants ayant testé l’outil. C’est aussi ça, un commun numérique éducatif.

À tester si vous cherchez une alternative sobre aux plateformes commerciales, et à garder sous le coude si vos classes sont mal équipées. Live Quiz est accessible ici, et son tutoriel se lit en quinze minutes.

Si vous hésitez encore entre plusieurs solutions, j’avais réuni cinq outils en ligne pour créer un quiz dans un article distinct.