Stancz: una aplicación de coreografía gratuita y original para jugar con el espacio en EPS

Dernière mise à jour le 4 noviembre 2026

​Fin mai, au gymnase, avec une classe de seconde. Les groupes ont trouvé leurs gestes et choisi leur musique, mais chaque changement de place tourne au carambolage. Deux élèves se croisent au milieu, un troisième ne sait plus s’il passe devant ou derrière. Vous finissez par dessiner des croix au feutre dans un coin du tableau blanc, et personne ne les regarde.

Bref, il faudrait voir le déplacement avant de le faire danser. C’est exactement le terrain de Stancz, une application de chorégraphie en ligne qui place des danseurs sur une scène à l’échelle et anime leurs trajets d’une formation à l’autre. Elle s’adresse d’abord aux profs de danse et aux troupes, mais elle a toute sa place en EPS, en option théâtre ou pour le spectacle de fin d’année.

Application de chorégraphie Stacz

C’est quoi Stancz, concrètement ?

Le principe tient en trois gestes. Vous posez des points sur une scène (vos danseurs, ou vos élèves) et vous dessinez une première formation, puis une deuxième. L’application calcule le chemin de chacun entre les deux et rejoue le passage, calé sur la musique que vous avez importée. Cercle, lignes, diagonale, V : on enchaîne, puis on appuie sur lecture.

Si vous avez déjà utilisé un outil pour générer un plan de classe, vous connaissez l’idée de départ : placer des personnes dans un espace. Stancz y ajoute le temps et le mouvement.

L’outil ne s’occupe que du plateau. Il ignore la gestuelle et ne gère aucune inscription d’école. L’éditeur l’écrit noir sur blanc sur sa page « à propos », avec une franchise assez rare pour être signalée. On se situe donc quelque part entre le croquis au tableau, trop figé, et les logiciels de régie de spectacle, bien trop lourds pour une classe. Stancz s’ouvre dans le navigateur, sans installation, sur Windows, Mac, Linux ou Chromebook. Il existe aussi en application iPhone, iPad et Android.

Ce qui rend Stancz vraiment original

D’autres applis de formations de danse existent, surtout en anglais et surtout sur iPhone. Ce qui distingue celle-ci, c’est une poignée de choix que je n’avais pas encore vus réunis au même endroit.

La vue spectateur : s’asseoir au troisième rang

Stancz propose le plan vu de dessus et une vue 3D qu’on fait pivoter. Il ajoute surtout une vue « depuis le fauteuil du public ». C’est ce qui m’a le plus frappé en faisant tourner la démonstration de la page d’accueil. Une formation impeccable sur le plan peut devenir illisible vue de face : trois élèves alignés dans l’axe, et le public n’en voit plus qu’un. Pour faire comprendre à une classe qu’on danse pour être vu, c’est un vrai déclic à provoquer.

Les transitions, là où tout se joue

La plupart des outils, comme les croquis papier, montrent des positions. Stancz montre surtout ce qui se passe entre deux positions. Vous tirez une poignée au milieu d’un trajet pour le courber et vous voyez tout de suite si deux élèves vont se percuter au centre. C’est précisément la partie de la séance qui mange le plus de temps.

Le mode Suivi, pour apprendre sa place

Chaque danseur peut suivre « son » point, entouré d’un halo. Pour un élève qui se repère mal dans l’espace, ou pour un élève allophone qui n’a pas tout saisi de la consigne orale, voir son propre point bouger vaut mieux que trois explications. Le mode Présenter affiche la scène en plein écran. C’est pratique avec un vidéoprojecteur, ou avec une tablette posée contre le mur du gymnase.

Un outil artisanal, en vingt-cinq langues

Dernier détail, qui compte pour moi. Stancz est développé par une seule personne, Martin Bernard, développeur indépendant installé en France. Il n’a ni équipe commerciale ni investisseurs. L’interface existe pourtant en vingt-cinq langues. (Petite parenthèse : l’appli vous tutoie d’un bout à l’autre, « place tes danseurs », « ta troupe », ce qui lui donne un faux air de prof de danse un peu familier, et j’avoue que ça m’a fait sourire.)

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En EPS, en option théâtre ou pour la fête de l’école

  • En EPS au lycée. Le champ d’apprentissage 3 demande de composer une chorégraphie collective. Les groupes peuvent préparer leurs formations sur tablette avant de passer au gymnase, puis confronter leur plan à la vue spectateur. Je l’utiliserais depuis le compte de l’enseignant, sur une tablette de classe, pour les raisons de compte détaillées plus bas.
  • Au collège, en AS danse ou pour la comédie musicale de fin d’année. L’outil sert à caler les entrées et les sorties sur la bande-son et à ajouter des accessoires (chaise, table, praticable). Une piste dédiée gère même l’écran de fond de scène, si la salle en possède un.
  • En primaire, pour le spectacle de juin ou une rencontre danse. Les enfants ne toucheront pas l’outil. L’enseignant arrive en revanche à la première répétition avec un plan qui tient debout, projeté au tableau.
  • En option théâtre. Stancz aide à régler les placements d’une scène de groupe sur un plateau à l’échelle, avec les repères de fond et d’avant-scène.

J’y vois même un usage inattendu : la géométrie. Un V, une grille ou un cercle de douze élèves, ça se discute aussi en maths. Je n’en ferais pas un outil de mathématiques, mais pour un projet interdisciplinaire, l’idée se tient.

Stancz est-il gratuit, et faut-il un compte pour les élèves ?

Le modèle est freemium. Le plan gratuit, sans carte bancaire ni limite de durée, comprend les vues 2D, 3D et spectateur, les transitions animées et la synchronisation musicale. Il est limité à trois chorégraphies.

Pour le nombre de formations, le site se contredit. Il en annonce quatre par chorégraphie sur l’accueil et la page « à propos », et six sur la page tarifs. Dans les deux cas, c’est court. À mon avis, une chorégraphie de groupe de trois minutes dépasse vite ce chiffre. Le site parle d’assez de place pour monter un spectacle entier. J’en doute.

L’abonnement Pro coûte 3,99 € par mois ou 29,99 € par an, avec un mois d’essai, ce qui reste très raisonnable. Les écoles et associations disposent d’une formule dédiée.

Le compte est obligatoire (adresse e-mail, Google ou Apple). Les conditions d’utilisation demandent d’avoir l’âge légal requis dans son pays, sans autre précision, et rien n’est prévu pour un usage scolaire avec des mineurs. Avec des collégiens, et a fortiori des écoliers, je garderais donc l’outil côté enseignant : vous préparez, puis vous projetez en mode Présenter.

Côté données, la politique de confidentialité est plutôt rassurante. L’hébergement est assuré par Cloudflare dans l’Union européenne, aucun cookie publicitaire n’est déposé, et le compte se supprime soi-même depuis l’application. Les applis mobiles passent tout de même par Google (Firebase) pour les notifications et les rapports de plantage, ces derniers pouvant être désactivés. Ce que j’aime, ce qui me gêne

Lo que me gusta

  • La vue spectateur, une vraie bonne idée pédagogique.
  • Les transitions animées, qui montrent les collisions avant d’arriver au gymnase.
  • Le fonctionnement sans installation, avec des chorégraphies synchronisées entre l’ordinateur et la tablette.
  • Les données hébergées en Europe, sans publicité.

Ce qui me gêne

  • Aucun export PDF ni image : impossible d’imprimer le plan pour l’afficher au gymnase. Et ça, franchement, c’est un manque à l’école, où tous les élèves n’ont pas de téléphone.
  • Un plan gratuit serré pour un vrai spectacle.
  • Des informations tarifaires contradictoires d’une page à l’autre.
  • Un compte obligatoire, sans cadre prévu pour les élèves mineurs.
  • Un projet jeune, porté par une seule personne. La politique de confidentialité indique même un SIRET « en cours d’immatriculation ». La pérennité est à surveiller.

Voir la danse depuis la salle avant le premier essai

Je n’ai pas monté de spectacle complet avec Stancz, et le plan gratuit ne s’y prête guère. Pour une séquence de danse en EPS ou une fête d’école, je le garderais pourtant sous le coude dès la phase de composition, côté enseignant, projeté au mur. Son idée la plus originale est aussi la plus simple : faire asseoir les élèves dans la salle avant qu’ils montent sur scène. Pour essayer : Stancz.