Kliip : un tableau de classe personnalisable qui réunit roue, minuteur et rituel du matin sur un seul écran

Dernière mise à jour le 9 octobre 2026

Lundi matin, classe de CE1. Un onglet pour la roue des prénoms, un autre pour le minuteur, un troisième pour le sonomètre, et la date écrite au feutre parce que personne n’a le courage d’en ouvrir un quatrième. La liste des élèves, elle, a été recopiée dans chaque outil. Il faut la corriger partout dès qu’un enfant est absent.

Bref, c’est ce bazar que Kliip propose de ranger. Ce tableau de classe interactif réunit dix-huit petits outils sur un seul écran à projeter, que vous composez à votre goût. Il vise d’abord les enseignants du primaire qui ont un TBI ou un simple vidéoprojecteur.

tableau de classe interactif

C’est quoi Kliip, concrètement ?

Kliip est un site web. Rien à installer : vous ouvrez le tableau dans le navigateur, vous saisissez les prénoms une fois, et tous les outils de tirage puisent dans cette même liste. Deux affichages sont proposés. La vue Simple montre un outil à la fois. La vue Tableau est une toile sur laquelle vous posez plusieurs outils côte à côte, à la taille que vous voulez, et la disposition est retenue pour le lendemain.

La famille est connue. Classroomscreen et Digiscreen, le module de La Digitale, font ce travail depuis des années. Kliip arrive après eux avec une idée en plus : mettre la liste de classe au centre. Vous cochez les absents le matin, ils sortent aussitôt des tirages et des équipes, et tout se remet à zéro le lendemain.

Le projet est très jeune. Il est édité au Québec par une entreprise individuelle, Les Studios Geospotter, et son créateur, qui m’a apporté quelques précisions pour cet article, dit le faire évoluer chaque semaine. Le journal le confirme : le tableau blanc, la routine du matin et les avatars sont tous arrivés depuis la rentrée. L’interface existe en français et en anglais.

Ce qu’un tableau de classe personnalisable change dans une journée

Le rituel du matin, posé à la main devant les élèves

L’outil Routine se construit par blocs : la date, la météo que l’on choisit soi-même, le nombre de jours d’école décomposé en centaines, dizaines et unités, puis une liste d’étapes à cocher avec une image sur chacune (« J’accroche mon manteau », « Je sors mon agenda »). Ces images viennent d’une banque intégrée de 47 pictogrammes de classe et 45 autocollants, vous n’avez rien à téléverser. Pour des élèves de maternelle ou de CP, pour un enfant allophone qui ne lit pas encore le français, elles comptent plus que le texte.

routine scolaire

Des tirages et des équipes sans négociation

Roue des prénoms, tirage sec, ordre de passage complet, équipes de deux à six. Un détail m’a plu en lisant la documentation de l’outil Équipes : quand la division tombe mal, Kliip ne laisse pas un enfant tout seul. Vingt-cinq élèves en binômes donnent douze équipes dont une de trois. Ça paraît évident. Beaucoup de générateurs de groupes ne le font pas.

Le cadre de travail, visible du fond de la salle

  • Un minuteur, une horloge et un compte à rebours vers une date (la sortie, les vacances).
  • Un feu tricolore et des symboles de travail (silence, chuchoter, demander au voisin, travailler ensemble) pour ne pas répéter la consigne dix fois.
  • Un sonomètre qui passe par le micro de l’ordinateur, avec une vue « ciel » qui change selon le bruit de la classe. D’après le site, il mesure le niveau sonore sans rien enregistrer.
  • Douze pistes de musique d’ambiance libres de droits pour les temps de travail calme.
  • Un tableau blanc où l’on écrit au doigt, où l’on colle des notes et relie des formes par des flèches. Plusieurs tableaux par classe, exportables en image ou en PDF.

Chaque élève peut aussi choisir un avatar parmi 600 (60 sujets déclinés en dix styles), qui le suit dans les tirages, les équipes et l’ordre de passage. (Un renard en pâte à modeler : je ne pensais pas écrire ça un jour dans un article sur la gestion de classe.)

tableau kliip

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Pour qui ? Surtout pour le primaire

Tout, dans Kliip, parle à la maternelle et à l’élémentaire : les métiers de classe, la météo du jour, les autocollants. Un professeur de collège y trouvera quand même de quoi faire avec le minuteur, l’ordre de passage pour des oraux ou les équipes pour un travail en îlots. Mais la version gratuite ne gère qu’une seule classe, et là le calcul change.

Côté équipement, un ordinateur relié à un vidéoprojecteur suffit. Les élèves n’ont besoin de rien, ni compte ni tablette. Kliip ne fait pas le plan de la salle : pour cela, regardez plutôt les générateurs de plan de classe que j’ai passés en revue cet été.

Combien coûte Kliip, et faut-il un compte ?

Le tableau s’ouvre sans compte et sans publicité. La version gratuite donne accès aux outils pour une classe, sans limite d’élèves. Elle a d’autres limites : seulement trois outils en même temps sur la toile, trois tableaux blancs, six styles d’avatars sur dix, trois thèmes sur quatorze.

Une limite m’a fait tiquer. Le minuteur gratuit ne propose que quatre durées, 1, 2, 5 et 10 minutes. Vous voulez sept minutes pour une dictée ? C’est dans l’abonnement. Dommage, d’autant que des minuteurs gratuits pour la classe réglables à la seconde, il y en a partout.

Kliip Premium coûte 24 € par an, toutes taxes comprises. L’abonnement ouvre plusieurs classes, la toile sans limite, l’horaire et le calendrier de la Routine, des statistiques d’équité (qui n’a pas été interrogé depuis longtemps) et des équipes qui répartissent les élèves « aidants ». Il ajoute aussi un historique des tirages rangé par séance, avec des dossiers et un certificat imprimable.

Les prénoms des élèves restent dans votre navigateur

C’est un des points forts du service. La liste de classe, les présences, les réglages et même les images que vous déposez sur le tableau blanc sont rangés dans le stockage local du navigateur. Rien n’est envoyé à un serveur, aucun compte élève n’existe, et le tableau projeté ne contient ni publicité ni mesure d’audience.

Ce choix a un revers très concret. Votre liste ne vous suit pas de l’ordinateur de la classe à celui de la maison. Elle disparaît si quelqu’un vide les données du navigateur. Et sur un poste partagé, elle reste là pour le collègue suivant.

Kliip prévoit un masquage qui réduit les prénoms à leurs initiales sur l’écran projeté. Les avatars, eux, restent visibles : chaque enfant se reconnaît à son renard ou à son panda sans que son prénom soit affiché. L’idée est maline.

Ce que le créateur de Kliip annonce pour la suite

La liste des chantiers est longue. J’en retiens trois qui apporteront une vraie valeur ajoutée :

  • Une adaptation au pays et au niveau enseigné, avec les programmes officiels (France, Belgique, Québec) et le vocabulaire régional.
  • L’import d’un PDF dans le tableau blanc, pour annoter une fiche ou une page de manuel devant la classe.
  • La sauvegarde en nuage du tableau blanc, puis un assistant IA, tous deux réservés à Premium.

S’y ajoutent de nouvelles collections d’images (mathématiques, sciences, saisons), des thèmes saisonniers, des visualisations 3D comme le système solaire, et une messagerie de soutien où chaque suggestion reçoit une réponse.

Ce que j’aime, ce que j’aime moins

Ce que j’aime

  • Une seule liste de classe pour tous les outils, avec les absents retirés d’un geste.
  • Une ligne graphique particulièrement réussie.
  • Pas de compte, pas de publicité, et une politique de confidentialité lisible par un humain.
  • Les pictogrammes et la routine visuelle, précieux pour les plus jeunes et les non-lecteurs.
  • Des équipes qui ne laissent jamais un élève seul.
  • Un développeur qui publie des nouveautés chaque semaine et répond aux questions.

Ce que j’aime moins

  • Le minuteur bridé à quatre durées en gratuit.
  • Une seule classe sans abonnement : c’est court pour le secondaire.
  • Aucune sauvegarde pour l’instant en dehors du navigateur.

À tester sur une semaine de rituels

Le mieux est d’ouvrir Kliip un lundi, d’y coller vos prénoms et de tenir la semaine avec la version gratuite : présences, routine, une roue, un minuteur. Vous saurez vite si trois outils sur la toile vous suffisent. Ce que j’en retiens dépasse d’ailleurs Kliip. Le temps qu’on perd avec ces petits outils de classe vient rarement des outils eux-mêmes, il vient de la liste qu’on retape dans chacun.