FantomApp. Une application de la CNIL qui aide les ados à reprendre la main sur leurs données

Dernière mise à jour le 2 janvier 2026

À l’école les discussions autour des réseaux sociaux reviennent régulièrement : comptes privés qui ne le sont pas vraiment, photos qui circulent sans autorisation, cyberharcèlement, usurpation d’identité, chantage affectif ou sexuel…

Le problème, c’est que la plupart du temps, ces situations restent invisibles. Les jeunes n’en parlent pas spontanément aux adultes. Ils tentent de gérer seuls, entre eux, parfois en aggravant les choses. Et quand un enseignant finit par être mis au courant — souvent par un autre élève, un parent ou un signalement — il est déjà trop tard : les captures d’écran ont circulé, le compte a été piraté depuis des jours, le cyberharcèlement dure depuis des semaines.

Comment accompagner les élèves sans être soi-même expert·e de chaque plateforme ? Comment leur donner des repères concrets, et pas seulement des discours de prévention généraux ?

C’est précisément à ces questions que s’attaque FantomApp, une nouvelle application proposée par la CNIL pour les 10–15 ans. Une vraie bonne idée. Elle propose des outils très concrets pour reprendre le contrôle de ses comptes et mieux gérer les situations à risque en ligne.

application cnil fantomapp

Qu’est-ce que FantomApp ?

FantomApp est disponible gratuitement sur l’App Store, sur Google Play ou sur le web. Elle veut aider les jeunes à renforcer la sécurité de leurs comptes, à régler leurs paramètres de confidentialité et à trouver de l’aide en cas de cyberharcèlement, piratage ou usurpation d’identité.

Contrairement à de nombreuses applications commerciales, FantomApp est exemplaire en matière de protection des données : aucune donnée personnelle n’est collectée, à l’exception de l’adresse IP (nécessaire au fonctionnement technique) et du type d’appareil utilisé. Pas de profilage, pas de publicité ciblée, pas de revente de données.

Un kit de survie numérique pour les jeunes (et pour les moins jeunes aussi)

L’un des points forts de FantomApp est de partir des situations concrètes que les adolescents rencontrent au quotidien. L’application propose ainsi plusieurs entrées du type :

  • « Je veux faire effacer un contenu »
  • « Je me suis fait pirater »
  • « Je vis du cyberharcèlement »
  • « On se fait passer pour moi »
  • « On me fait du chantage sexuel »
  • « On m’a arnaqué »

fantomapp

Derrière chacune de ces situations, les jeunes trouvent des explications claires sur ce qui se passe et sur leurs droits, des gestes concrets à effectuer (capturer des preuves, bloquer un compte, signaler un contenu, changer un mot de passe, etc.), ainsi que des contacts vers des acteurs de confiance (associations, institutions, services d’aide) qui peuvent les accompagner.

Dans la classe, la plateforme peut devenir un bon support pour une séance d’éducation aux médias et à l’information (EMI) ou d’un temps d’échange en vie de classe : plutôt que de rester dans le théorique, on montre un outil qui donne de vraies marches à suivre, étape par étape. Utile.

Des outils pour renforcer concrètement ses comptes

Au-delà des situations d’urgence, FantomApp propose des outils pratiques pour améliorer au quotidien la sécurité des profils des élèves.

Tester la robustesse de ses mots de passe

Les élèves peuvent « tester la solidité d’un mot de passe » et comprendre en quelques secondes pourquoi certains mots de passe sont faciles à deviner, combien de temps un cybercriminel mettrait à les trouver, et comment créer un mot de passe bien plus résistant.

C’est une excellente base pour une activité en classe sur les bons réflexes à adopter : créer des mots de passe longs, diversifier les comptes, éviter les informations trop personnelles, etc.

Préserver son image

Autre outil intéressant : « Je floute ma photo ». FantomApp permet de flouter ou pixéliser un portrait avant de le publier en ligne. Un bon moyen d’aborder avec les élèves la notion d’identité numérique, la différence entre un compte très exposé et un compte plus discret, ainsi que la possibilité de rester actif sur les réseaux tout en montrant moins de choses sur soi.

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Comprendre les données partagées en ligne

L’outil « Je teste ma visibilité » invite les jeunes à se poser les bonnes questions : que raconte votre bio sur vous ? Votre pseudo permet-il de vous retrouver facilement ? Qu’est-ce qu’un inconnu peut déjà deviner à partir de ces seuls éléments ?

Même sur un compte privé, tout n’est pas invisible. FantomApp aide à prendre conscience de ces « petites fuites » d’informations qui, mises bout à bout, en disent beaucoup sur une personne.

Des tutoriels pour régler les bons paramètres sur chaque réseau

FantomApp ne se contente pas de conseils généraux. L’application propose des tutos dédiés aux principaux réseaux utilisés par les adolescents : Instagram, TikTok, Snapchat, X, WhatsApp, etc.

sécurité réseaux sociaux

Pour chaque plateforme, les jeunes retrouvent des guides très concrets pour :

  • supprimer la géolocalisation ;
  • passer son compte en privé ;
  • activer la double authentification ;
  • limiter qui peut les contacter ou les ajouter dans un groupe ;
  • masquer les contenus sensibles ;
  • désactiver les pubs personnalisées ;
  • empêcher qu’on les trouve par leur numéro de téléphone ou leur adresse e‑mail ;
  • désactiver le partage de contacts ;
  • empêcher la consultation de leur statut “en ligne” ;
  • ou encore limiter l’exploitation de leurs données par l’IA propriétaire de la plateforme.

Comme dit précédemment, il m’est avis que ces guides seront utiles, pour certains d’entre eux, à beaucoup d’adultes.

Quelques limites intrinsèques à ce type d’outil

L’application vise principalement les 10–15 ans, ce qui peut sembler un peu léger pour des lycéens plus âgés, bien que les conseils restent pertinents. Les interfaces des réseaux sociaux évoluant régulièrement, les tutoriels nécessiteront des mises à jour fréquentes. Espérons que la CNIL a bien prévu cette veille et ces mises à jour nécessaires.

Enfin, cela va de soi, FantomApp ne remplace pas un accompagnement éducatif plus large : c’est un outil précieux, mais pas une solution miracle à tous les enjeux liés au numérique.

Un allié utile pour l’éducation au numérique responsable

Avec FantomApp, la CNIL propose un vrai bon outil : une application pensée pour les jeunes, centrée sur leurs besoins concrets et respectueuse de leur vie privée. Pour les enseignants, c’est une ressource intéressante à intégrer à des séances d’éducation aux médias, à des projets de prévention du cyberharcèlement ou à des parcours citoyens autour du numérique.

(C’est aussi une bonne ressource pour soi-même pour peu que l’on ait besoin de se mettre à jour sur ces problèmes liés à la sécurité et à la confidentialité sur les réseaux sociaux !)

Que ce soit pour sécuriser des comptes, mieux comprendre ce que l’on montre de soi en ligne ou savoir vers qui se tourner en cas de problème, FantomApp est un bon moyen pour aider les élèves à naviguer plus sereinement sur les réseaux sociaux. Bref un outil de confiance gratuit et d’utilité publique.

Prêt à tester FantomApp et la conseiller à vos élèves ? Téléchargez l’application gratuitement sur App Store, Google Play ou utilisez la version web. Vous pouvez aussi la découvrir par vous-même pour mieux accompagner vos classes dans leurs premiers pas vers un usage plus sûr des réseaux sociaux.

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