Dernière mise à jour le 28 juillet 2026
Comment flouter un ou plusieurs visages sur une photo ? Fin d’année, sortie scolaire, spectacle de la chorale : vous avez trente clichés à publier sur le site de l’école, et sur presque tous, un ou deux élèves dont les parents n’ont pas signé l’autorisation de droit à l’image. Ouvrir Photoshop pour ça, non. Bref, il vous faut quelque chose de rapide, et surtout qui n’envoie pas les photos de vos élèves sur un serveur dont vous ne savez rien.
Redacted fait ce travail depuis des années et je l’avais présenté ici en 2019. Il a bien changé depuis. L’outil détecte désormais les visages tout seul, propose des émojis en plus du flou classique, et existe en application Mac native. Tout continue de tourner dans votre navigateur, sans compte et sans téléversement. Je reprends donc cet article de fond en comble, en le complétant par deux alternatives françaises que les enseignants utilisent beaucoup depuis deux ans.

Table des matières
Pourquoi flouter les visages des élèves avant de publier
Une photo de classe, c’est une donnée personnelle. Le RGPD considère l’image d’un visage identifiable comme telle, et pour un mineur, c’est le représentant légal qui donne son accord. En pratique, deux voies s’offrent à vous : collecter les autorisations parentales une par une et les conserver, ou flouter les visages et vous épargner toute la procédure.
La seconde option est souvent la plus réaliste. Il y a toujours deux ou trois familles qui n’ont pas rendu le papier, un élève arrivé en cours d’année, une photo prise sur le vif où quelqu’un passe au second plan. Flouter prend trente secondes par image. Courir après une signature prend trois semaines.
Un point qu’on oublie souvent : le floutage doit être irréversible. Une bande noire semi-transparente ou un flou trop léger sur un petit visage ne protège pas grand-chose. Les bons outils exportent une image aplatie, sans calque récupérable, et suppriment au passage les métadonnées EXIF, qui contiennent parfois les coordonnées GPS de l’école. Redacted est un petit utilitaire qui ne fait qu’une chose, mais qui le fait vite et bien.
C’est quoi Redacted, concrètement ?
Redacted est un utilitaire en ligne qui ne fait qu’une chose : masquer des zones sur une image. Pas besoin de sortir l’artillerie lourde des logiciels de retouche. Vous ouvrez la page, vous déposez votre photo, vous cliquez sur ce qui doit disparaître, vous téléchargez. Il n’y a rien d’autre à comprendre.
Deux formes de sélection, rectangle ou ovale, et quatre façons de masquer : le bloc noir, la pixelisation, le flou gaussien, et depuis peu un émoji posé sur le visage. Ce dernier rendu est franchement pratique pour un blog de classe ou un compte d’établissement : là où le flou donne un air un peu inquiétant aux photos d’enfants, un smiley passe beaucoup mieux auprès des familles.

La détection automatique des visages
C’est la vraie nouveauté depuis mon premier article. L’éditeur annonce que l’outil repère seul les visages présents sur l’image et permet de tous les masquer d’un clic, avec un modèle qui tourne sur votre appareil. Petite réserve d’honnêteté : cette détection est mise en avant sur la page d’accueil, alors que la page « Features » du site ne décrit que la sélection manuelle. Je n’ai pas réussi à savoir si elle est déployée sur tous les navigateurs ou en cours de généralisation. Sur les photos de groupe, de toute façon, aucun de ces outils n’attrape la totalité des visages : les têtes de profil ou au second plan passent souvent entre les mailles. Vérifiez toujours le résultat avant de publier.
Une application Mac, gratuite puis payante
Redacted a lancé une application Mac native, disponible sur le Mac App Store. Le masquage au bloc noir y est gratuit et sans compte. Le reste, à savoir la détection automatique par IA, le traitement d’un dossier entier en une passe, et les rendus flou, pixelisation et émoji, passe par une version Pro à 9,99 $ en achat unique, avec sept jours d’essai. Pas d’abonnement, et ça mérite d’être salué, tant les outils qui basculaient vers le prélèvement mensuel ont été nombreux ces dernières années.
Le traitement par lots est le seul argument sérieux pour payer. Si vous rentrez d’une sortie scolaire avec quatre-vingts photos à nettoyer, vider le dossier d’un coup change la nature de la corvée. Pour trois images avant une réunion de parents, la version web suffit largement.

Une fois satisfait du résultat, il ne vous reste plus qu’à récupérer l’image en la téléchargeant. Simple et rapide.
Vos photos d’élèves quittent-elles votre ordinateur ?
Non, et c’est le point qui rend cet outil recommandable en contexte scolaire. Quand vous « téléversez » une image sur Redacted, rien ne part vers un serveur : le fichier est lu et modifié par votre navigateur. La preuve la plus simple, c’est que la page continue de fonctionner hors connexion une fois chargée. Coupez le wifi et essayez, ça marche. Le site précise aussi que les modèles de détection tournent en local, y compris dans l’application Mac.
Autre bonne surprise : à l’export, les métadonnées EXIF sont supprimées, coordonnées GPS comprises. Beaucoup d’enseignants ignorent qu’une photo prise au smartphone dans la cour embarque la position de l’école. L’éditeur annonce par ailleurs ne poser aucun cookie et n’utiliser aucun traceur.
Reste une limite pratique. L’interface n’existe qu’en anglais et en espagnol, sans version française. Pour un usage par vous-même, ce n’est pas gênant : il y a quatre boutons. Pour une séance avec des élèves de cycle 3, c’est un frein réel, et c’est là que les alternatives ci-dessous prennent l’avantage.

Deux alternatives françaises pensées pour l’école
Depuis 2024, deux outils francophones se sont imposés dans les usages enseignants, et ils répondent à un reproche qu’on peut faire à Redacted : ils parlent français et viennent de l’écosystème éducatif.
Face Privacy, l’outil de la Forge des communs numériques éducatifs
Développé par un enseignant de l’académie de Grenoble et hébergé sur la Forge des communs numériques éducatifs, Face Privacy est libre, gratuit et entièrement en français. Vous choisissez une photo, l’application repère les visages grâce à un réseau de neurones embarqué, les affiche en vignettes, et vous cochez ceux à masquer. Flou ou émoji, avec en prime un pinceau et une gomme pour rattraper les zones oubliées, et le choix de la résolution à l’export. Tout se passe sur votre machine, comme avec Redacted. Je lui ai consacré un article complet ici. Détail qui plaira aux professeurs documentalistes : l’outil affiche les rappels sur le droit à l’image avant même d’ouvrir l’éditeur, ce qui en fait un bon support pour une séance d’EMI.
Digiblur, la brique floutage de La Digitale
Chez La Digitale, dont je vous parle régulièrement, Digiblur s’appuie sur la bibliothèque libre face-api.js pour détecter les visages. Même principe de vignettes cliquables, deux familles de masques (pixelisation ou flou d’un côté, émojis de l’autre), et une image récupérée à la résolution d’origine. L’outil est gratuit, financé par les dons. Si vous utilisez déjà Digipad ou Digistorm, l’interface vous sera immédiatement familière, et c’est un vrai gain de temps que de rester dans le même environnement.
Quel outil selon votre besoin
| Votre besoin | Outil conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Flouter deux ou trois photos, tout de suite, sur n’importe quel ordinateur | Redacted (version web) | Rien à installer, aucun compte, fonctionne même hors connexion |
| Traiter les 80 photos d’une sortie scolaire | Redacted pour Mac, version Pro | Seul du lot à proposer le traitement par lots, mais 9,99 $ et Mac uniquement |
| Un outil en français, adossé à l’institution | Face Privacy | Libre, hébergé sur la Forge des communs numériques éducatifs, interface française |
| Masquer des visages avec des émojis pour le blog de l’école | Face Privacy ou Digiblur | Rendu plus chaleureux que le flou sur des photos d’enfants |
| Mener une séance sur le droit à l’image avec des élèves | Face Privacy | Rappels RGPD affichés à l’ouverture, prise en main immédiate en français |
Ce qui me frappe en rouvrant ce dossier six ans après, c’est que le besoin n’a pas bougé d’un millimètre, alors que les outils, eux, se sont multipliés. Flouter un visage reste le geste le plus simple pour continuer à montrer ce qui se passe en classe sans exposer les élèves. Gardez-en un sous le coude, celui que vous voulez, et prenez l’habitude de l’ouvrir avant de publier plutôt qu’après.
Lien : Redacted

1 Response
[…] Inpaint vous faites mieux que flouter un visage sur une photo. Vous le faites carrément disparaitre […]